Le 26/06/2026
Horizon 2030
> Zoom sur l’Unité Psychiatrie de la personne âgée (PPA)
Le bâtiment Constance Pascal regroupe désormais l’ensemble des 170 lits d’hospitalisation complète de psychiatrie du CHRU. Pour mémoire, le bâtiment comprend six unités de 20 lits de psychiatrie générale adulte (24 à 26 lits auparavant) ainsi que 4 unités dédiées à des prises en charge spécifiques :
- une unité de soins complexes en addictologie : 12 lits
- une unité d’hospitalisation complète adolescents : 12 lits
- une unité d’accueil et d’évaluation pour adultes souffrant de troubles du neurodéveloppement : 6 lits
- et une unité d’hospitalisation complète de psychiatrie de la personne âgée (HCPPA) : 20 lits
#6
>> Dr Jacques-Alexis Nkodo, Chef de service du Dispositif d’Hospitalisation, Ambulatoire et Liaison en Psychiatrie de la Personne Âgée
>> Pr Thomas Desmidt, responsable du Département de Psychiatrie de la Personne Âgée
« Le NHP, c’est clairement un atout »
En quoi une unité spécialisée en psychiatrie de la personne âgée est-elle aujourd’hui nécessaire ? Est-ce une démarche récente
Dr Jacques-Alexis Nkodo : Oui, cette unité est récente et constitue une première au CHRU de Tours. Plus largement, la psychiatrie du sujet âgé est une discipline encore relativement jeune. Pendant longtemps, les troubles psychiatriques de la personne âgée étaient pris en charge par des psychiatres, neurologues ou gériatres ayant développé un intérêt particulier dans ce domaine, sans qu’il n’existe de spécialisation clairement identifiée. Or, le vieillissement s’accompagne de spécificités cliniques, biologiques et sociales qui nécessitent des compétences, des savoir-faire et une technicité propres. Les patients âgés présentent souvent des situations plus complexes, à l’interface de la psychiatrie, de la gériatrie et parfois des maladies neurodégénératives. Cette unité spécialisée permet donc une prise en charge mieux adaptée à leurs besoins.
Avant la création de cette unité d’hospitalisation complète des personnes, comment la psychiatrie de la personne âgée était-elle prise en charge ?
Dr Jacques-Alexis Nkodo : La psychiatrie du sujet âgé existait déjà au CHRU de Tours grâce au travail mené depuis plusieurs années. Les patients étaient pris en charge dans différents services : psychiatrie adulte, unités de gériatrie comme le court séjour gériatrique ou soins de suite et réadaptation (SSR).
L’équipe de psychiatrie du sujet âgé intervenait déjà auprès de ces services pour y apporter son expertise.
Pr Thomas Desmidt : Cette expertise s’inscrit dans une histoire ancienne à Tours. Dès la fin des années 1990 et sous l’impulsion du Pr Vincent Camus, formé en partie à Lausanne, ville pionnière dans ce domaine, le CHRU a développé une activité dédiée à la psychiatrie de la personne âgée, alors que cette discipline était encore peu structurée en France. Faute d’unité d’hospitalisation dédiée, l’équipe avait alors développé une activité de consultation-liaison, apportant son expertise aux psychiatres, gériatres et médecins de ville.
Cette approche a permis de développer une expertise reconnue dans la prise en charge des troubles psychiatriques et dans ce que l’on appelle les « intrications neuropsychiatriques », c’est-à-dire les situations où troubles psychiatriques, pathologies neurologiques et vieillissement s’entremêlent.
Si cette discipline est reconnue depuis plusieurs décennies dans certains pays européens, sa structuration est plus récente en France. En 2017, La réforme du DES de psychiatrie a créé une sur-spécialisation en psychiatrie de la personne âgée. Depuis, les internes en psychiatrie peuvent choisir cette spécialisation. À Tours, environ un interne par an s’oriente vers cette filière, ce qui contribue progressivement au renforcement de nos équipes dont l’expertise reste encore rare aujourd’hui.
« Les progrès réalisés dans la prise en charge
permettent aujourd’hui de vieillir dans de meilleures conditions. »
Pouvez-vous nous dire ce qui peut déclencher des troubles psychiatriques chez une personne âgée ?
Pr Thomas Desmidt : Le deuil et la crise suicidaire sont deux facteurs très importants en psychiatrie gériatrique. Le suicide constitue un enjeu majeur de santé publique, en particulier chez les hommes de 75 ans et plus, chez lesquels on estime qu’un suicide abouti survient pour quatre tentatives, contre un sur vingt chez l’adulte plus jeune.
Concernant le deuil, il est important de rappeler que la plupart des personnes traversent cette épreuve sans développer de troubles psychiatriques. Cependant, certaines présentent ce qu’on appelle un deuil pathologique. Ce type de deuil répond mal aux traitements habituels, mais il existe des psychothérapies et des prises en charge très spécifiques, dont les approches sont bien connues dans les pays anglo-saxons, mais peu développées en France. L’un de nos objectifs est précisément de pouvoir proposer ce type d’accompagnement.
Dr Jacques-Alexis Nkodo : Au-delà du deuil, la psychiatrie de la personne âgée s’intéresse à toutes les formes de pertes. Il peut s’agir de la perte d’un proche, d’une diminution de l’autonomie, du passage en retraite, de la diminution de certaines capacités physiques, ou encore d’un changement de place au sein de la famille. Ces événements de vie nécessitent souvent une capacité d’adaptation importante. Lorsqu’ils sont difficiles à surmonter, ils peuvent accroître la vulnérabilité psychologique de la personne et contribuer à l’apparition ou l’aggravation de troubles psychiques.
Pr Thomas Desmidt : Le vieillissement de la population entraîne également une augmentation du nombre de personnes âgées vivant avec des troubles psychiatriques. Notons par exemple que dans les 5 à 10 prochaines années, la moitié des patients bipolaires auront plus de 60 ans.
Par ailleurs, certains troubles psychiatriques comme le trouble bipolaire, la schizophrénie ou les troubles de l’humeur peuvent s’améliorer ou se stabiliser avec l’âge, ce qui est encourageant. Toutefois, d’autres peuvent apparaître plus tardivement au cours de la vie, après 40, 60 ou 70 ans, comme certaines formes de schizophrénie tardive.
Enfin, même si l’espérance de vie peut être réduite chez les patients les plus sévèrement atteints, les progrès réalisés dans la prise en charge permettent aujourd’hui de vieillir dans de meilleures conditions. Nous sommes ainsi amenés à accompagner une population plus nombreuse, avec des besoins et des enjeux thérapeutiques spécifiques.
Quand on parle de psychiatrie de la personne âgée, est-ce que cela englobe des pathologies comme la démence, Alzheimer ou Parkinson ?
Dr Jacques-Alexis Nkodo : C’est une question essentielle car les liens entre psychiatrie de la personne âgée et maladies neurodégénératives sont étroits. Notre unité prend en charge avant tout les pathologies psychiatriques du sujet âgé : dépression, troubles anxieux, troubles psychotiques, troubles bipolaires ou encore situations de crise psychique survenant après 65 ans.
En revanche, elle n’a pas vocation à accueillir les patients présentant des troubles du comportement liés à une maladie neurodégénérative déjà diagnostiquée (Alzheimer, Parkinson, ou maladies apparentées.). Ces situations relèvent des Unités Cognitivo-Comportementales (UCC), dont les équipes sont spécifiquement formées à cette prise en charge. Cependant, certaines maladies neurodégénératives peuvent débuter par des symptômes psychiatriques atypiques. Ces situations, à la frontière entre psychiatrie, neurologie et gériatrie, font pleinement partie de notre champ d’expertise. Nous sommes ainsi amenés à évaluer des troubles psychiatriques d’apparition tardive ou des manifestations neuropsychiatriques pouvant accompagner, voire parfois révéler, une maladie neurodégénérative débutante.
Pr Thomas Desmidt : Il est important de rappeler que notre unité n’est pas une UCC et n’a pas pour mission de prendre en charge les troubles du comportement liés à une maladie neurodégénérative déjà identifiée.
Pour autant, il est vrai que les liens entre psychiatrie et maladies neurodégénératives sont fréquents. un tiers des maladies d’Alzheimer peuvent par exemple débuter par une dépression plutôt que par l’apparition de troubles de la mémoire. Ces formes prodromales peuvent ressembler à des troubles psychiatriques typiques et nécessitent une expertise spécifique pour orienter le diagnostic.
En Indre-et-Loire, l’absence d’UCC complique parfois les parcours de soins. Les professionnels, notamment en EHPAD, nous sollicitent régulièrement pour gérer des situations complexes liées à une maladie neurodégénérative. Nous essayons alors d’intervenir le plus en amont possible pour éviter des hospitalisations inadaptées, mais il existe encore un manque dans l’offre de soins sur ce point.
Enfin, et c’est l’une des forces de notre organisation à Tours, le Département de psychiatrie de la personne âgée travaille en étroite collaboration avec le Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CM2R), dirigé par la Dre Balageas – neurologue, spécialisé dans les maladies neurodégénératives. Cette proximité entre expertise neurocognitive, gériatrique et psychiatrique est relativement rare en France. Elle nous permet d’offrir une prise en charge particulièrement complète.
« Cette proximité entre expertise neurocognitive, gériatrique et psychiatrique
est relativement rare en France. »
Concernant les profils de vos patients, à partir de quel âge les patients relèvent-ils de votre unité pour personnes âgées ?
Pr Thomas Desmidt : Le seuil dépend du domaine : en psychiatrie, on parle souvent de 65 ans (historiquement lié à la retraite), tandis qu’en gériatrie, c’est plutôt 75 ans.
En réalité, ces repères sont relatifs. Dès 50–65 ans, des changements biologiques apparaissent et ont des conséquences sur les troubles psychiatriques. Aujourd’hui, on s’intéresse davantage à l’« âge cérébral » (mesuré par IRM), parfois plus pertinent que l’âge chronologique, car certaines maladies psychiatriques ou neurodégénératives peuvent accélérer le vieillissement du cerveau.
A l’inverse, préserver sa santé mentale, maintenir une activité physique et lutter contre le stress chronique constituent des leviers importants de prévention.
Le NHP a été l’occasion pour le pôle de mener une réflexion sur l’élargissement des métiers et des compétences des équipes, qu’en est-il pour votre unité ?
Pr Thomas Desmidt : L’ouverture de cette unité s’inscrit pleinement dans une dynamique d’enrichissement des pratiques, notamment par l’intégration progressive de nouveaux métiers. Cette pluralité professionnelle constitue le socle d’une prise en charge adaptée à des patients souvent complexes, marqués par des comorbidités et des problématiques multiples. L’équipe s’organise autour des psychiatres, présents quotidiennement dans l’unité, accompagnés d’internes en psychiatrie. À terme, l’accueil d’internes issus d’autres spécialités, comme la médecine générale ou la neurologie, est envisagé, afin d’élargir les regards cliniques.
Autour de ce noyau médical gravitent les infirmiers et, plus récemment, les aides-soignants, dont la présence prend tout son sens en psychiatrie du sujet âgé, où les besoins en soins de nursing sont plus marqués. Le psychologue intervient en complément, proposant des accompagnements psychothérapeutiques ciblés, en articulation étroite avec les approches médicamenteuses et soignantes.
D’autres professionnels viennent enrichir cette prise en charge globale : intervenants en rééducation, notamment en activité physique adaptée, diététiciens attentifs aux enjeux nutritionnels, ergothérapeutes, ainsi qu’une assistante sociale dont le rôle est déterminant. Ce dernier permet de fluidifier les parcours en prenant en compte les dimensions médico-sociales, souvent centrales, et contribue ainsi à réduire significativement les durées d’hospitalisation.
Tout cela est très récent, vous aurez peut-être des ajustements à opérer ?
Pr Thomas Desmidt : Bien sûr. Comme toute nouvelle unité, nous sommes encore dans une phase de structuration et d’évaluation. Cette période est l’occasion pour nous d’un travail approfondi d’auto-évaluation, mené avec l’ensemble de l’équipe, afin d’ajuster au mieux les moyens aux besoins réels des patients. Certains choix organisationnels ont été posés, notamment celui de renforcer la présence des aides-soignants en cohérence avec le profil des patients, tout en réduisant légèrement les effectifs infirmiers par rapport à la psychiatrie adulte. Nous allons continuer à ajuster nos organisations notamment pour développer certains soins spécialisés, comme les techniques de neuromodulation par exemple.
L’évaluation en cours, qui devrait aboutir d’ici la fin de l’année, vise à objectiver ces besoins et à ajuster les effectifs. L’objectif est clair : permettre à l’unité d’atteindre son plein niveau de fonctionnement et offrir une prise en charge à la hauteur des ambitions initiales.
Effervescence : Quels types de patients sont accueillis et selon quels critères ?
Pr Thomas Desmidt : L’admission dans l’unité repose avant tout sur des critères médicaux. Ainsi, nous accueillons des patients âgés présentant une décompensation aiguë dans le cadre d’une pathologie psychiatrique — troubles de l’humeur, épisodes délirants, crises suicidaires — qu’ils vivent à domicile, en résidence autonomie ou en EHPAD. En revanche, les situations liées à des maladies neurodégénératives déjà diagnostiquées ne relèvent pas directement de notre unité.
Les admissions peuvent être réalisées via les urgences, lorsque le tableau psychiatrique est clairement identifié mais également à la demande de professionnels du territoire lorsque la situation clinique le justifie. Des critères d’orientation ont été établis afin de faciliter la répartition les patients entre les différentes unités.
L’unité s’inscrit dans une logique de prise en charge aiguë, avec des hospitalisations de courte durée. La durée moyenne de séjour devrait se situer autour d’une vingtaine de jours.
Parlons un peu de l’écosystème territorial, des EHPAD et de l’équipe mobile récemment créée ?
Pr Thomas Desmidt : Les EHPAD sont des partenaires essentiels et ce depuis longtemps dans de notre département. Nous travaillons depuis de nombreuses années avec leurs équipes, qui sont souvent confrontées à des situations complexes nécessitant une expertise psychiatrique.
L’une des évolutions majeures de ces derniers mois, c’est la mise en place d’une équipe mobile. Ce dispositif va considérablement renforcer nos capacités d’intervention sur le territoire. Concrètement, à la demande des professionnels des EHPAD, nos équipes pourront se déplacer directement auprès des patients afin d’évaluer leur situation et de déterminer si une hospitalisation est nécessaire.
A l’inverse et lorsqu’un retour à domicile n’est plus possible et qu’une orientation vers un EHPAD doit être envisagée, cette équipe mobile permettra de mieux préparer et sécuriser cette transition. Avec l’unité d’hospitalisation, les consultations spécialisées, l’activité de liaison et désormais l’équipe mobile, nous disposons aujourd’hui d’un dispositif précurseur et particulièrement complet.
Comment les patients vivant à domicile accèdent-ils à l’unité ?
Pr Thomas Desmidt : Les patients vivant à domicile sont généralement déjà intégrés dans le réseau de soins, notamment via les consultations spécialisées du service. Lorsqu’une situation se dégrade brutalement, ils sont le plus souvent orientés vers les urgences, qui assurent ensuite la régulation et l’orientation vers l’unité. Aujourd’hui, les admissions directes depuis la médecine de ville restent limitées. L’essentiel des entrées provient des urgences et, de manière croissante, des EHPAD.
Si le partenariat avec les EHPAD est déjà bien structuré, la communication avec les médecins libéraux reste à renforcer. Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) constituent des relais essentiels pour faire connaître l’unité et ses modalités d’adressage.
Par ailleurs, le développement de la télémédecine constitue un levier majeur. Initiée avant la crise sanitaire et amplifiée depuis, elle permet aujourd’hui des échanges fluides et efficaces entre les différents acteurs, facilitant ainsi l’accès à l’expertise et la coordination des parcours de soins.
Quelle place accordez-vous aux familles et aux aidants dans la prise en charge ?
Dr Jacques-Alexis Nkodo : La place des familles est essentielle en psychiatrie de la personne âgée. Ils sont souvent les premiers à repérer des changements de comportement ou des difficultés psychiques, et apportent des informations précieuses pour comprendre la situation du patient dans son environnement habituel. C’est pourquoi nous leur accordons une place importante dans la prise en charge. Le bâtiment dispose d’espaces dédiés permettant de recevoir les proches dans de bonnes conditions et nous organisons régulièrement des entretiens familiaux afin d’expliquer les troubles, leur évolution et les modalités de prise en charge, tout en répondant à leurs interrogations. Au-delà de leur rôle auprès du patient, les aidants peuvent eux-mêmes être en difficulté face à la maladie ou à la perte d’autonomie d’un proche. Les informer, les soutenir et les accompagner fait donc également partie de notre mission.
La famille n’est pas au centre du soin, qui reste avant tout centré sur le patient, mais elle en constitue un partenaire majeur.
« Cette proximité entre expertise neurocognitive, gériatrique et psychiatrique
est relativement rare en France. »
Pr Thomas Desmidt : En psychiatrie de la personne âgée, les enjeux familiaux sont particulièrement importants. Avec la perte d’autonomie, on observe souvent un renversement des rôles : les enfants deviennent progressivement les aidants de leurs parents.
Cette évolution peut générer des difficultés psychologiques et relationnelles qui influencent directement l’état du patient. Une partie de notre travail consiste donc à accompagner ces dynamiques familiales et à aider chacun à trouver sa place afin de limiter les souffrances qui peuvent en découler. La place des familles est essentielle.
En psychiatrie de la personne âgée, nous accompagnons rarement un patient seul : il existe presque toujours un entourage concerné, impliqué et parfois lui-même en difficulté face à la situation.
Et pour finir, quel est l’impact de ce nouveau bâtiment sur votre pratique quotidienne ?
Dr Jacques-Alexis Nkodo : Pour moi, c’est clairement un atout. Le bâtiment a été pensé pour répondre aux besoins spécifiques des patients en psychiatrie Les espaces de déambulation, les patios et les cours intérieures permettent aux patients de circuler plus librement et de profiter de l’extérieur dans un cadre sécurisé, ce qui contribue à leur bien-être et à leur apaisement. L’un des points les plus intéressants est la présence d’un salon d’apaisement, conçu comme une alternative entre les espaces de soins classiques et la chambre d’isolement.
Cet espace permet souvent de désamorcer certaines situations de crise et d’accompagner les patients dans un environnement plus adapté. Depuis notre installation en janvier, le recours à l’isolement est ainsi resté exceptionnel.
La luminosité, les espaces de vie et l’organisation générale du bâtiment contribuent également à créer une atmosphère plus agréable tant pour les patients que pour les professionnels. Bien sûr, certains ajustements restent à faire, notamment en matière de décoration ou d’aménagement, mais cela relève de la vie normale d’un bâtiment neuf.
Au-delà de l’unité, le regroupement des différents services psychiatriques dans un même bâtiment représente un véritable progrès. La psychiatrie était auparavant dispersée sur plusieurs sites, ce qui compliquait parfois les échanges et limitait sa visibilité au sein du CHRU. Cette proximité facilite aujourd’hui les collaborations entre équipes et contribue à une meilleure cohérence des parcours de soins.
Pr Thomas Desmidt : Le premier élément marquant est le contraste avec les anciens locaux, souvent vétustes. Ici, l’architecture a été pensée pour réduire le stress lié à la maladie mentale, tant pour les patients que pour les soignants. J’ai été initialement surpris par certains choix de couleurs et de lumière, mais avec le temps, j’ai constaté qu’ils créent une ambiance apaisante. Aujourd’hui, cet environnement me semble particulièrement agréable à vivre et adapté à la prise en charge psychiatrique.
Dr Jacques-Alexis Nkodo : Ce déménagement a aussi un impact important sur les patients. La qualité du cadre joue un rôle important dans l’expérience de l’hospitalisation. Dans les anciens bâtiments, certains patients pouvaient être rebutés par l’environnement ou avoir des difficultés à se projeter dans les soins. Le nouveau bâtiment offre un cadre plus accueillant, plus lumineux et plus apaisant, ce qui favorise l’adhésion à la prise en charge.
Le lieu participe également à la déstigmatisation de la psychiatrie. Les locaux sont modernes, lumineux et ouverts, loin de l’image que beaucoup se font encore d’un service psychiatrique. Cela modifie souvent le regard porté sur les soins psychiatriques et sur les professionnels qui les dispensent, en favorisant une approche plus positive et plus apaisée.
CAP sur le NHP









