Soins et surveillance de la plaie opératoire de la chirurgie de la main

Pendant les 2 premières semaines

Les soins post-opératoires doivent être réalisés tous les 2 ou 3 jours. Au niveau de la main, il faut utiliser systématiquement un antiseptique. On ne peut pas se contenter de nettoyer la plaie opératoire avec du simple sérum physiologique, sinon le risque d’une surinfection devient important au bout de quelques jours.  En effet, la main est exposée et il s’y associe des phénomènes de macération en face palmaire, le risque de surinfection est donc plus important que dans d’autres localisations.

D’une façon générale, il est souhaitable d’éviter la formation de croûtes par nettoyage régulier de la plaie car leur présence allonge le temps d ‘épithélialisation. Cependant, quand il existe une perte de substance et en l’absence d’infection, on peut être amené à préserver la croûte pour permettre aux tissus sous-jacents de se reconstituer au moins en partie.

Les fils non résorbables sont à enlever au bout de 15 jours en moyenne, du fait de la mise en tension cutanée lors de la mobilisation de la main et des doigts. Les fils résorbables évitent le petit inconfort lié à l’ablation mais au prix de la mise en jeu d’un processus inflammatoire autour du fil pouvant parfois donner lieu à une surinfection locale.

C’est dans cette période post-opératoire précoce que sont susceptibles d’apparaître des phénomènes infectieux. Ils sont rares dans le cadre de la chirurgie programmée et s’observent surtout après des lésions ouvertes, a fortiori si elles étaient complexes et souillées.

Il faut consulter en cas de rougeur de la plaie, surtout si elle est associée à un oedème, une augmentation de chaleur locale et l’apparition d’une douleur (ou l’exacerbation de la douleur post-opératoire). C’est d’autant plus impératif qu’il existe un écoulement louche ou une odeur anormale.

Parfois la plaie opératoire n’a pas été volontairement refermée et a été laissée en « cicatrisation dirigée ». C’est le cas, par exemple, dans la chirurgie de la maladie de Dupuytren ou lors de la réalisation de certains lambeaux cutanés locaux, en particulier en face palmaire de la main ou des doigts. Les pansements sont alors réalisés avec des produits favorisant le bourgeonnement. La durée de cicatrisation est de l’ordre de 3 à 4 semaines.

Au-delà de la 2e semaine

Après chirurgie, les phénomènes cicatriciels sont en général peu actifs pendant les 2 premières semaines. A partir de 2 à 3 semaines, voire parfois un peu plus tard, la région opératoire peut devenir un peu douloureuse avec un aspect inflammatoire de la zone autour de la cicatrice. Cet aspect fréquent ne doit pas être confondu avec une infection.

Le massage des cicatrices  permet d’accélérer le processus de cicatrisation sans stimuler l’inflammation cicatricielle. Ce massage peut être à débuté à partir de 3 à 4 semaines après l’intervention.

Une réaction cicatricielle un peu trop active peut justifier, outre des massages cicatriciels, des ultra-sons à visée défibrosante voire des anti-inflammatoires si nécessaire (sous réserve bien sûr de l’absence d’infection et de contre-indication).

Le silicone sous forme de gel ou de plaque aurait un effet bénéfique sur les cicatrices hypertrophiques.

Les cicatrices d’aspect hypertrophique vont se normaliser progressivement mais dans environ 10 % des cas (toutes localisations confondues), elles peuvent évoluer vers une cicatrice chéloïde d’aspect inflammatoire et qui reste en relief, pouvant justifier une consultation auprès d’un dermatologue.

La cicatrice doit être protégée du soleil pendant 6 mois à 12 mois, par une crème solaire type écran total ou une crème de protection de maquillage, pour éviter des anomalies de la pigmentation.




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