| _Traumatisme de la face |
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Fracture de l’OS FRONTAL :Relief osseux constituant le front. La particularité de cet os est double :
Le bilan radiologique standard permet d’affirmer le diagnostic et est le plus souvent complété par un scanner pour deux raisons :
Le diagnostic de fracture posé il existe schématiquement TROIS éventualités de traitement (A, B, C):
Il n’existe donc aucune raison d’intervenir chirurgicalement et le traitement consistera donc en une surveillance régulière sur quelques mois afin de vérifier l’absence d’apparition d’une mucocele ( développement de la muqueuse du sinus en dehors de sa cavité naturelle).
Comment se déroule l’intervention ?Réalisée sous anesthésie générale elle consiste à mettre à nu le front par une incision réalisée dans les cheveux et prolongée au niveau des oreilles. La cicatrice est presque invisible. ![]() L’incision est la ligne bleue
La réparation de la paroi osseuse est effectuée
soit avec de fins fils d’acier soit avec des mini-plaques en titane.
L’intervention chirurgicale s’impose et les modalités
sont quasiment identiques à celle décrite d’une fracture
de la paroi antérieure isolée.
> Scanner d’une
fracture de la paroi antérieure 1. Sinus
Fracture du PLANCHER de L’ORBITE :Fine lame osseuse constituant la partie inférieure de la cavité de l’orbite, elle maintient l’œil et ses annexes (muscles et graisse) au-dessus du sinus maxillaire et constitue donc une séparation entre ce dernier et la cavité orbitaire. ( cf. chapitre Anatomie) Du fait de son extrême finesse elle est facilement exposée à des fractures La fracture du plancher de l’orbite est isolée ou entre dans un cadre plus large des fractures multiples du massif facial (par exemple fracture de la pommette). La particularité clinique de cette fracture est qu’elle n’est NI PALPABLE, NI VISIBLE. Elle doit donc être diagnostiquée et recherchée par les signes indirects que nous allons décrire. Il s’agit :
Le bilan radiologique : les clichés standards peuvent confirmer le diagnostic clinique mais il est le plus souvent nécessaire de pratiquer un SCANNER afin d’évaluer de façon précise l’étendue de la fracture ainsi que l’éventuelle incarcération dans le foyer de fracture des muscles autour de l’œil. Un examen ophtalmologique est demandé dans certains cas.
Scanner
montrant une fracture du plancher de l’orbite droite avec incarcération
de graisse
En pratique :
L’intervention chirurgicale :
Son but :
Exemple
d’UNE des incisions possibles pour réparer le plancher de l’orbite
Après la chirurgie :
B – Fractures AVEC trouble de l’articulé dentaire Ce sont : Ces fractures affectent l’étage inférieur ou moyen de la face. Elle peuvent provoquer un trouble de l’articulé dentaire après le traumatisme (c’est à dire que les dents " ne se touchent plus comme avant ") Le but de l’intervention chirurgicale est donc la recherche d’une occlusion identique à celle qui existait AVANT le traumatisme. Nous aborderons les fractures de la mandibule (mâchoire) puis celles du maxillaire supérieur. Fractures de la MANDIBULE :La mandibule ou mâchoire ou maxillaire inférieure est schématiquement représentée par une portion horizontale dentée (portant les dents) et une portion verticale (s’articulant avec le crane), particulièrement vulnérable, du fait de sa projection sur la face, aux traumatismes. Toute modification de l’articulé dentaire après un traumatisme conduit le chirurgien maxillo-facial à rechercher une fracture. Son examen clinique recherche :
Le bilan radiologique : Il s’oriente sur la mandibule. Deux radiographies sont utiles au diagnostic :
Dans des cas bien précis un scanner peut être pratiqué pour permettre une aide à la décision thérapeutique ? Au terme ce bilan il apparaît plusieurs possibilités de prise en charge :
SACHEZ QUE : l’association de ces deux types de fractures est sinon possible voire fréquente. Nous les étudierons malgré tout séparément pour plus de clarté Avant de décrire les interventions, il nous semble nécessaire, d’établir les PRINCIPES de prise en charge ainsi que les MOYENS THERAPEUTIQUES à la disposition du chirurgien. Les QUATRE AXES THERAPEUTIQUES principaux
1. L’abstention d’intervention chirurgicale Une alimentaire liquide ou molle/mixée pendant une durée allant de 3 semaines à 45 jours permet d’éviter tout effort de mastication. Cette alimentation est élaborée par les diététiciens du CHU et peut être poursuivie lors de la sortie de l’hôpital si nécessaire. Cette abstention d’intervention chirurgicale ne veut PAS dire abstention thérapeutique car cette alimentation n’est, de façon générale, que le complément d’un traitement éventuellement kinésithérapique. Un contrôle clinique en consultation et des radiographies à rythme régulier sont, par la suite, les garants d’un résultat satisfaisant.
2. Le blocage intermaxillaire Terme désignant l’action de bloquer les deux " mâchoires " en position fermée et d’occlusion identique à celle existante avant le traumatisme. Dans le Service, ce blocage est assuré par des arcs métalliques solidarisés aux dents par des fils métalliques au niveau de chaque couronne dentaire. Un arc est posé sur toutes les dents du haut puis sur toutes celles du bas. Il ne reste plus, dès lors, qu’à solidariser ces deux arcs par d’autres fils métalliques (ou des élastiques) pour obtenir une immobilisation totale de la mâchoire le temps de la cicatrisation osseuse. > Le bocage n’est PAS DOULOUREUX et ne laisse AUCUNE CICATRICE.
Schéma
représentant un blocage inter maxillaire (Source : Encyclopédie
Médico Chirurgicale)
Arcs métalliques en noir et fils d’acier en rose. En pratique comment cela se passe-t-il ? L’intervention chirurgicale permettant la pose des
arcs est effectuée sous anesthésie générale
(durée environ 1h00)
3. L’ostéosynthèse Elle consiste à immobiliser les os cassés après les avoir remis en bonne place. des fils d’acier ou des plaques miniaturisées en titane avec des vis. Cela nécessite une intervention chirurgicale sous anesthésie générale. La muqueuse de la bouche est ouverte pour accéder au foyer de fracture. Un blocage intermaxillaire (cf. blocage intermaxillaire)
est souvent utilisé pendant l’intervention puis retiré
à la fin.
Radiographie
panoramique après intervention (plaques d’ostéosynthèse
visibles en blanc)
4. La kinésithérapie Elle peut être une alternative au traitement chirurgical dans le cadre des fractures mandibulaires siégeant au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire (articulation entre le crane et la mandibule cf. chapitre Anatomie ) Débutée de façon précoce (lendemain ou surlendemain du traumatisme), l’objectif est la poursuite immédiate des mouvements dans l’articulation afin de limiter les phénomènes d’adhérence dans cette même articulation. Ces adhérences entraînent une diminution de la mobilité de l’articulation avec pour conséquence une difficulté à ouvrir la bouche ( dénommée médicalement Ankylose) La rééducation est effectuée au départ par les kinésithérapeutes du service puis relayée par des praticiens en ville. Elle consiste, dans les grandes lignes, à mobiliser l’articulation dans les trois plans de l’espace par des exercices qui vous seront appris. Son action et son efficacité sont cependant susceptibles d’être améliorées par une "aide" externe qui est constituée par un élastique tendu entre deux arcs métalliques (cf. blocage intermaxillaire) posés sous anesthésie générale. Sachez que : l’efficacité de cette kinésithérapie ne ce conçoit que si elle est effectuée de manière journalière et pendant une durée variant de 45 jours à 3 mois et plus. La stabilité du résultat clinique n’est appréciable qu’après un délai de 1 an. Le suivi est assuré par le kinésithérapeute et le chirurgien. A. Fracture de la PARTIE DENTEE DE LA MANDIBULE: Elles sont les plus fréquentes des traumatismes mandibulaires. Il s’agit le plus souvent d’une fracture résultant d’un coup de poing ou d’accident de la voie publique. Nous ne reviendrons pas sur l’examen clinique aux urgences ainsi que sur le bilan radiologique effectué. Les caractéristiques principales de ce type de fractures sont les suivantes :
Dans le cadre des fractures déplacées, une sensation de dents qui "ne se touchent plus comme avant ", parfois associée à des fractures ou luxations des dents elles-mêmes (cf. Dents et urgences Dentaires)
L’intervention chirurgicale et son urgence sont conditionnées par DEUX éléments :
Si la fracture est non déplacée et stable il est souvent décidé de ne pas intervenir chirurgicalement et de prescrire une alimentation molle voire liquide pendant la durée de la consolidation osseuse qui s’effectue dans un délai habituel de 45 jours.
Si la fracture est déplacée, une réduction des os en BONNE PLACE nécessite une intervention chirurgicale soit par un blocage intermaxillaire ( cf. +haut) soit par la mise en place de plaques d’ostéosynthèses (cf. + haut) L’urgence de l’intervention est conditionnée par l’éventuelle brèche muqueuse qui expose le foyer de fracture aux bactéries de la bouche et donc à l’infection de l’os (ostéite) En pratique :
B. Fracture de la BRANCHE VERTICALE DE LA MANDIBULE: Ces fractures de la mandibule peuvent concerner une articulation : L’articulation temporo-mandibulaire (cf. chapitre Anatomie). Cette atteinte peut potentiellement générer
des troubles du mouvement de la mâchoire à court et
long terme.
Elles peuvent bénéficier d’un traitement chirurgical sous anesthésie générale avec pose de matériel d’ostéosynthèse par voie endobuccale (incision par la bouche) ou par voie cutanée par des incisions pratiquées sous l’angle de la mâchoire ou en avant de l’oreille : elles sont dans la plupart des cas presque invisibles à distance de l’intervention. A noter : Le risque majeur de ces incisions réside dans le traumatisme possible des rameaux du nerf facial (cf.Anatomie) pouvant entraîner un déficit transitoire de la mobilité de certains muscles de la face.
Double
fracture de la mâchoire (menton et branche verticale)
avec mise en place de plaques d’ostéosynthèse (flèche)
Il est cependant possible, si la fracture est peu déplacée, de faire appel à un traitement moins traumatisant : le blocage intermaxillaire. Il possède l’avantage de ne pas pratiquer d’incisions cutanées et donc de ne pas faire courir le risque de blessure du nerf facial. Il est cependant réservé aux fractures peu déplacées.
Hormis des cas bien spécifiques, ce type de fractures n’est PAS du ressort d’un traitement chirurgical. La kinésithérapie, débutée très tôt, et selon un protocole bien établi par les kinésithérapeutes du service, en est le principal traitement. Elle pourra être aidée par la pose d’arcs métalliques ainsi que par la mise en place d’élastiques. Sa durée sera établie selon les progrès cliniques du patient évalués en consultation. Elle varie généralement entre 45 jours et plusieurs mois. |