Introduction
L'examen clinique et l'accueil aux urgences
Les radiographie du massif facial
Les plaies de la face et de la cavité buccale
- Principes généraux
- Prise en charge d'une plaie simple
- Prise en charge d'une plaie nécessitant
un avis spécialisé
__> Perte de tissus
__> Atteinte du
canal
__> Atteinte du
nerf facial
__> Atteinte des
voies lacrymales
Les fractures du massif facial
- L'articulé dentaire
- Les fractures sans trouble de l'articulé
dentaire
__> La pomette
__> Le nez
__> L'arcade zygomatique
__> L'os
frontal
__> Le
plancher de l'orbite
- Les fractures
avec trouble de l'arrticulé dentaire
__>
La mandibule (machoire)
__> Le
maxillaire supérieur

INTRODUCTION

L’accueil d’un traumatisé facial oblige à
une approche clinique globale car plusieurs traumatismes sont souvent
associés : crâne, vertèbres cervicales. De plus
il peut s’y associer des urgences VITALES.
Une attention particulière sera apportée
dans la recherche et la consignation de lésions induisant une portée
médico-légale.
Vu la multiplicité des lésions rencontrées,
nous aborderons successivement :
EXAMEN ET ACCUEIL AUX URGENCES
Le traumatisme facial est soit isolé, soit entrant
dans le cadre d’un polytraumatisme (atteinte de plusieurs organes). L’examen
clinique en traumatologie, est basé sur DEUX PRINCIPES :
S’assurer de l’absence de lésions vitales
ou à défaut les traiter
Diagnostiquer une lésion nécessitant
un geste chirurgical en urgence ou dans les jours qui suivent.
A. Les Lésions vitales
Ce sont toutes les lésions engageant le pronostic
vital à court terme.
DEUX urgences vitales nécessitent une prise en
charge rapide primant sur toute autre investigation. Il s’agit de : l’ASPHYXIE
et de l’HEMORRAGIE.
Asphyxie :
Elle se définit comme l’incapacité du patient
à respirer correctement. Elle peut etre de d’origine diverse :
- Encombrement des voies aériennes par de la salive, du sang,
des prothèses dentaires ou encore par divers corps étrangers.
- Gonflement (œdème) du plancher buccal ou de la gorge
- Bascule de la langue en arrière
- Traumatisme directement sur le larynx
Le diagnostic d’asphyxie posé, des gestes urgents
s’imposent :
- Désobstruction manuelle ou instrumentale de la cavité
buccale avec aspirations répétées
- Libération des voies aériennes grâce à
une traction de la langue par un fil ou la mise en place d’une canule
en plastique dans la bouche en fonction de l’état de conscience
du malade
- L’intubation ( mise en place d’un tuyau passant par la bouche ou le
nez et pénétrant directement dans la trachée) lorsque
ces moyens simples ne sont pas suffisants.
Une trachéotomie (mise en place d’un tuyau à
travers la peau du cou et pénétrant directement la trachée)
peut se révèle r nécessaire dans les cas d’extrême
urgence
L’hémorragie :
La face est richement vascularisée. Lors des traumatismes
superficiels et profonds des saignements peuvent être extrêmement
abondants (une plaie importante du cuir chevelu peut entraîner le
décès)
L’examen clinique permet d’en préciser l’origine
et d’effectuer le geste thérapeutique adapté.
Il s’agit de lésions majoritairement Artérielles :
Cutanées ou buccales la simple ligature
sous anesthésie locale suffit généralement à
stopper l’hémorragie. Dans le cas contraire une ligature de l’artère
nourricière des vaisseaux cutanés et buccaux ( artère
carotide externe Cf. chapitre anatomie) peut être nécessaire
et sera pratiquée sous anesthésie générale.
Lors d’une lésion des artères des fosses
nasales, la mise en place de mèches dans les narines est le
premier geste thérapeutique simple. Malheureusement leur efficacité
est parfois prise en défaut soit par l’abondance du saignement
soit par la localisation de ce saignement. Il est alors nécessaire
de procéder à la mise en place de ballonnets gonflés
dans les fosses nasales ou de recourir à l’obstruction de l’artère
responsable du saignement. L’obturation de cette artère est assurée
par un produit faisant office de "boucho ". Cette technique
est dénommée "embolisation artérielle"
et est effectuée sous anesthésie locale par nos confrère
Radiologues.
En première urgence, une compression du point de
saignement par les moyens à disposition permet d’en limiter l’importance
B. Diagnostiquer
Un diagnostic précis des lésions est nécessaire
avant tout traitement médical ou chirurgical.
Il est permis au terme d’un examen clinique rigoureux
et d’examens radiologiques adaptés.
L’examen CLINIQUE: se décompose en
2 phases :
- L’examen Externe
- L’examen des Cavités
L’examen Externe :
Inspection :
Note la présence ou l’absence d’un écoulement
extériorisé par les fosses nasales, les oreilles, limpide
(liquide céphalo-rachidien qui baigne le cerveau et la moelle épinière)
ou sanglant.
Vérifie l’état de la peau à la recherche
d’ecchymoses (présence de sang dans la peau ou les muqueuses) voire
d’hématomes (collection de sang en dehors des vaisseaux) orientant
vers une éventuelle fracture.
Recherche de plaies dont on note la topographie et les
caractères( franche – contuse - contaminée..)
Recherche une atteinte de la motricité des muscles
de la face (paralysie) sous la dépendance du nerf FACIAL ( VII
paire des nerfs crâniens Cf. anatomie) en faisant pratiquer des
mimiques au patient (gonfler les joues, froncer les sourcils etc.…)
Recherche une limitation de la mobilité oculaire
et/ou une atteinte du globe oculaire lui-même.
Recherche les déformations souvent masquées
par le gonflement (œdème) important et pouvant révéler
une fracture sous jacente:
de face : symétrie des orbites, des pommettes
et de la mandibule
de profil : un aplatissement des reliefs de la face
et du front
Palpation :
Elle apprécie les reliefs osseux sous jacents
et recherche un point douloureux, une mobilité anormale, une collection
d’air sous la peau (emphysème), témoins d’une fracture.
Elle se pratique de haut en bas et explore successivement :
- Le front et le la racine du nez
- Les cadres orbitaires
- La pyramide nasale
- Les arcades zygomatiques( Cf. chapitre Anatomie), les pommettes
et les conduits auditifs
- La mâchoire
L’examen de la SENSIBILITE des différentes régions
de la face, sous la dépendance du nerf Trijumeau (Vème paire
crânienne Cf. chapitre Anatomie ), ainsi que la palpation des vertèbres
cervicales font aussi partie de l’examen sytématique.
L’examen des Cavités :
La Bouche :
- L’inspection recherche une ecchymose et/ou un hématome
du palais, de la langue ou des parois des joues ainsi que la présence
de sang signant une brèche de la muqueuse et donc une possible
fracture. Elle note l’état de la dentition avec les éventuelles
fractures dentaires visibles et/ou les écarts entre les dents
n’existant pas avant le traumatisme et pouvant révéler
une fracture osseuse.
- la palpation : permet de rechercher une mobilité
dentaire ou d’un groupe de dents et percevoir éventuellement
un relief osseux saillant pouvant signer un foyer de fracture. Au niveau
du maxillaire supérieur (Cf. chapitre Anatomie) des manœuvres
de mobilisation permettent de différencier les différents
types de fractures (Cf. fractures du Maxillaire sup.).Au niveau de la
mandibule une mobilisation douce du ou des éventuels foyers de
fractures créera une béance douloureuse.
Le Nez : un examen
attentif est réalisé à la recherche d’un hématome
de la cloison nasale ( structure anatomique séparant les deux fosses
nasales) seule véritable urgence en dehors d’une épistaxis(
saignement des fosses nasales) abondante.
Les oreilles :
la recherche d’un écoulement de sang ou de liquide céphalo-rachidien
(liquide baignant le cerveau) doit être impérative.
On recherchera par ailleurs un éventuel rétrécissement
du conduit auditif pouvant signer une fracture soit de la mandibule soit
d’un os participant à la structure osseuse de ce même conduit
( os tympanal).
La FINALITE de l’examen clinique
ainsi réalisé est de consigner les lésions décelées
et de guider les examens para cliniques
Dans le cadre de l’urgence, 2 outils sont à la
disposition du praticien pour confirmer son diagnostic :
- La radiologie conventionnelle
- Le SCANNER
A. La radiologie Conventionnelle
Réalisée au moyen de rayon X et d’ une
plaque photosensible elle reste un examen peu coûteux et relativement
facile à réaliser. Dans le cadre de la traumatologie maxillo-faciale
DEUX clichés sont plus communément réalisés,
il s’agit du cliché dit " de Blondeau " et
du panoramique dentaire.
Le blondeau : il
permet d’explorer les structures osseuses du massif facial moyen et supérieur
(Cf. chapitre Anatomie).
Le panoramique dentaire : son intérêt
réside dans sa capacité à visualiser la mâchoire
dans son entier et dresser un inventaire des éventuelles lésions
dentaires.
Radio
"Panoramique dentair"
B. Le scanner
Appareil générant des rayons X et permettant
une étude FINE des structures osseuses dans les trois plans de
l’espace ainsi que des reconstructions tridimensionnelles. Il est utilisé
dans le cadre de la traumatologie maxillo-faciale pour :
-Vérifier l’absence de lésions
cérébrales ou à contrario leur étendue.
-Analyser finement une fracture dont l’examen
radiologique conventionnel ne suffit pas pour affirmer le diagnostic soit
pour en préciser les caractéristiques tridimensionnelles
et les rapports aux structures musculaires adjacentes.
Scanner
de la face (os en blanc et tissus mous en gris/noir)
Au TERME du bilan radio-clinique DEUX situations seront
envisagées :
- Le patient présente une PLAIE
- Le patient présente une FRACTURE
- (La combinaison des deux étant bien entendue fréquente)
Plaies de la face et de la cavité buccale

Les plaies de la face necessitent une prise en charge
rigoureuse afin d’en limiter le préjudice esthétique.
Cependant, en dehors de ce souci esthétique, la
richesse vasculaire, nerveuse et glandulaire de la face expose le traumatisé
facial à des lésions d’organes dits "nobles" (nerfs
facial et trijumeau, canaux de drainage des glandes salivaires etc...).
Nous aborderons dans un premier temps les principes
généraux qui régissent toute suture cutanée
faciale pour ensuite développer la prise en charge des plaies
" simples " et celles nécessitant une compétence
de spécialiste.
Les Principes généraux :
Avant la suture :
Toute plaie DOIT être EXPLOREE, sous
anesthésie locale ou, si nécessaire, sous anesthésie
générale, pour évaluer sa profondeur, son étendue
ainsi que l’éventuelle atteinte de structure nerveuse,vasculaire
ou glandulaire..
Une DESINFECTION soigneuse doit être
faite avant toute suture.
Une VACCINATION ANTITETANIQUE doit être à jour ou à
défaut renouvelée.
Toute plaie par MORSURE, en particulier par un chien, nécessite
une exploration rigoureuse et un lavage abondant avant l’éventuelle
suture qui sera conditionnée par l’aspect de la peau blessée
et par la profondeur de l’atteinte.
La suture :
- Généralement à "points séparés"
dans le cadre de l’urgence ceci afin d’éviter de fermer de façon
hermétique une plaie potentiellement infectée.
- ÉCONOME envers les tissus dont le manque de vitalité
auront rendu nécessaire leur ablation.
- Protégée par une fine couche de vaseline au niveau
cutanée afin d’éviter l’apparition de croûtes.
- On retire les fils cutanés dans un délai variant de
5 à 10 jours selon la localisation de la suture
Consignes à distance :
- Eviter l’EXPOSITION SOLAIRE pendant 1 AN (pour
éviter le tatouage)
- Massage régulier, circulaire, à l’aide d’une
pommade ou de vaseline afin de limiter le phénomène de
rétraction des tissus du à la cicatrisation pendant environ
3 mois
- Réfection d’une cicatrice disgracieuse après
un délai de 1 AN (afin d’intervenir sur des tissus exempts
de processus inflammatoire)
Prise en charge d’une plaie
SIMPLE :
Toute plaie n’affectant aucune structure noble
à l’examen clinique et ne présentant aucune perte de
substance cutanée, est une plaie simple. Entrent dans ce cadre
notamment les plaies du cuir chevelu et les plaies superficielles de la
face.
Une suture réalisée selon les principes
présentés plus haut ( Cf. principes généraux
) suffit le plus souvent et peut être réalisée par
un médecin autre que spécialiste en chirurgie maxillo-faciale.
Il existe cependant des particularités essentielles
de prise en charge selon le site atteint :
- L’Oreille : l’exposition
du cartilage nécessite une désinfection irréprochable
ainsi qu’une suture cutanée parfaite. Le cartilage s’infecte
très facilement, ce qui peut conduire à la destruction
partielle ou totale du relief de l’oreille. L’emploi d’antibiotiques
à titre préventif pourra être prescrit devant une
plaie particulièrement souillée.
- Le Nez : les orifices narinaires
doivent être suturés avec précaution. Un suivi à
distance de l’opération est nécessaire car toute cicatrisation
à ce niveau entraîne un phénomène de rétraction
des tissus qui peut aboutir au rétrécissement de
l’orifice narinaire avec des conséquence esthétiques et
fonctionnelles ( diminution du flux d’air). Un méchage ou un
conformateur ( dispositif en silicone moulé dans la narine et
empêchant la rétraction ) pourront être mis en place
pour une durée de 2 à 3 mois.
- Les Paupières : peau
extrêmement fine , toute plaie située notamment au niveau
de la paupière inférieure doit être suivi
régulièrement en consultation afin de diagnostiquer au
plus tôt tout risque de rétraction disgracieuse que l’on
nomme " ectropion ". Le cas échéant
s’il advenait cette complication des massages effectués par un
kinésithérapeute pourront être prescrit.
- Les Lèvres : elles
sont constituées d’une portion rouge et d’une portion blanche.
La particularité des plaies labiales concerne leur réparation
en urgence qui doit s’astreindre à bien "aligner "
le rouge avec le rouge sous peine de l’apparition d’une encoche inesthétique.
> De
manière générale, aucune hospitalisation n’est nécessaire
pour ce genre de plaies et seul un suivi régulier en consultation
permettra une surveillance rapprochée.
Prise en charge des plaies nécessitant
un avis SPECIALISE :
Toutes les plaies affectant une structure "noble"
(plaie du nerf facial, plaie du canal de Sténon > cf. chapitre
Anatomie, plaie des voies lacrymales) du visage et/ou présentant
une perte de substance sont incluses dans ce chapitre.
Perte
de substance :
Les plaies présentant une perte de substance,
c’est à dire ayant perdu du tissu cutané lors du traumatisme,
peuvent faire l’objet d’une reconstruction par des lambeaux (tissus vascularisés
prélevés chirurgicalement) à proximité de
la plaie ou à distance de celle-ci pour diminuer le préjudice
esthétique ou permettre la couverture d’élément nobles.
Nous n’entrerons pas dans les détails techniques
de prélèvement, mais il est bon de savoir qu’en conséquence
il est parfois nécessaire de réaliser des incisions supplémentaires
les plus discrètes possible.
Exemple
de perte de substance de l’aile du nez reconstruite par un lambeau local
En pratique :
La durée de l’hospitalisation ainsi que les soins locaux
et l’arrêt de travail découlent du lambeau effectué
et des suites opératoires
Atteinte
du CANAL de STENON :
Conduit permettant d’acheminer la salive de la glande
parotide (Cf. chapitre Anatomie) à la cavité buccale et
s’abouchant en regard de la 2ème molaire du haut.
Sa section doit être recherchée devant toute
plaie profonde de la joue dans la zone anatomique décrite ci-dessous
(flèche noire) :
Glande
Parotide (jaune), canal de Sténon (vert), nerf facial (blanc)
Le risque majeur de sa section est l’apparition d’un
drainage de la salive dans un endroit autre que la bouche ( dans la joue
ou au niveau de la peau ) ou l’apparition d’une sténose (rétrécissement
anormal du diamètre du canal), avec pour conséquence une
douleur à la salivation et des risques d’infection de la glande
(parotidite).
Son atteinte doit faire l’objet d’une réparation
chirurgicale. Quelles en sont les modalités ?
L’intervention chirurgicale :
L’exploration est faite sous anesthésie générale
Le traitement consiste à placer un "tuteur"
en silicone dans ce canal en pontant la zone de section avec pour conséquence
espérée une cicatrisation du canal autour du tuteur.
Il est fixé au niveau de la face interne de la joue au moyen d’un
fil résorbable
Après la chirurgie :
- Maintien du tuteur pendant une durée variant de 2 à
3 mois
- Bains de bouche quotidiens
- Consultation régulière pour vérifier l’absence
de rétention de salive en amont et la bonne position du tuteur.
- Arrêt de travail en concordance avec les soins.
Atteinte
du NERF FACIAL :
Nerf moteur de la face (mimique), il pénètre
en profondeur sous le lobe de l’oreille et se ramifie sur toute l’étendue
faciale en se divisant dans la glande parotide située en avant
de l’oreille.
Toute plaie profonde de la face peut entraîner
une section des filets nerveux avec pour conséquence une paralysie
des muscles innervés par le nerf. La recherche d’une paralysie
est primordiale lors de l’examen clinique ( Cf. chapitre examen clinique)
pour en faire le diagnostic et y apporter le cas échéant
une thérapeutique chirurgical.
Ce
diagnostic repose et nécessite le concours conscient du
patient(ce qui n’est malheureusement pas toujours possible : ivresse
aigue, patient inconscient ou comateux ).
En pratique seules les sections des troncs principaux
du nerf facial, peuvent être réparées chirurgicalement.
> Projection de
l’émergence du nerf facial sur la peau
L’intervention chirurgicale :
- Sous anesthésie générale
- Suture microchirurgicale sous microscope avec ou sans greffe nerveuse
du ou des rameaux sectionné(s)
Après la chirurgie :
La rééducation de la mimique par les
kinésithérapeutes du service doit être précoce,
ceci afin de rapidement activer la conduction nerveuse. La récupération
motrice du territoire paralysé est cependant obtenue, au mieux,
au terme d’un délai de 3 à 6 mois ceci pouvant aller jusqu’à
plus de 1 an. L’échec est malheureusement possible et varie selon
des études entre 20 à 30 %.
Une atteinte de la motricité palpébrale
(des paupières), est un cas particulier de l’atteinte du nerf facial
et nécessite une prise en charge attentive. Le but est d’éviter
la survenue d’un ulcère de cornée (plaie très
douloureuse au niveau de l’œil liée à une protection insuffisante
des paupières). Cette prise en charge consiste en l’instillation
de collyres et la fermeture de la paupière atteinte pendant la
nuit. Elle sera débutée dès l’hospitalisation et
poursuivie jusqu’à la récupération motrice.
En résumé :
- Suture exclusive des troncs principaux du nerf sous Anesthésie
Générale
- Hospitalisation variant selon l’importance de la plaie et son degré
de septicité
- Rééducation par kinésithérapie débutée
précocement et poursuivi plusieurs mois
- Arrêt de travail variant selon la cicatrisation et la nature
du travail du patient
Atteinte
des VOIES LACRYMALES :
C’est le conduit de drainage des larmes. Elles se situent
au niveau de l’angle interne de l’œil (Cf. chapitre Anatomie) et cheminent
dans la structure osseuse du massif facial pour se "jeter" dans
les fosses nasales.
Leur atteinte peut être secondaire à deux
mécanismes :
- Plaie de l’angle interne de l’œil
- Fracture du massif facial
Dans les deux cas l’examen clinique effectué lors
de l’admission du patient aux urgences recherche un épiphora
(écoulement des larmes sur la joue du à l’incapacité
des voies lacrymales à remplir leur rôle) qui signe l’atteinte
des voies lacrymales.
Le diagnostic établi en quoi consiste le traitement dans
l’urgence ?
Sous anesthésie générale, il
consiste:
- à rétablir une perméabilité en
effectuant une cathétérisation (mise en place d’un tuteur
dans le canal ) de ce canal par une sonde siliconée introduite
via le site drainage des larmes ( petits trous situés dans l’angle
interne de l’œil, sur la face interne des paupières), récupérée
dans les fosses nasales et fixée dans ces dernières par
un fil résorbable. La cicatrisation des voies lacrymales se fait
autour de ce tuteur ( technique analogue à la réparation
du canal de Sténon)
- à réduire la fracture associée, afin de
diminuer l’effet de compression.
Une telle atteinte nécessite dans les suites de
l’intervention chirurgicale :
- Le maintien de la sonde pendant une durée minimum de 2 mois
- Des soins oculaires ( collyres) réguliers durant la période
de cicatrisation
Après ablation de la sonde et réalisation
éventuelle d’une radiographie spéciale permettant de visualiser
les voies lacrymales et leur perméabilité ( dacryocystorhinographie)
DEUX EVENTUALITES apparaissent :
-
Soit les voies lacrymales sont perméables. Le traitement est
terminé.
-
Soit il persiste une diminution importante du diamètre des
voies lacrymales, et il est alors envisageable de procéder,
en coopération avec nos collègues ophtalmologues, à
une nouvelle intervention chirurgicale dont le but est d’aboucher,
par un nouveau trajet, ces dernières dans les fosses
nasales.
FRACTURES DU MASSIF FACIAL

Diagnostiquées par l’examen clinique et documentées
par les radiographies adaptées, les fractures du massif facial
sont multiples, parfois complexes ce qui oblige à les diviser arbitrairement
en DEUX catégories basées sur la présence, ou
non, d’un trouble de ce que l’on nomme l’articulé dentaire.
Cet articulé dentaire définit les rapports
des dents entre elles à un instant donné. Si ce rapport
est modifié ( les dents ne se touchent plus comme avant ), on parle
alors de trouble de l’articulé dentaire post traumatique.
La présence ou non de ce trouble a des conséquences
thérapeutiques importantes tant au niveau de l’intervention chirurgicale
qu’au niveau du suivi et de la rééducation post-opératoire
du patient.
A. Les Fractures SANS trouble
de l’articulé dentaire :
Ce chapitre regroupe:
Fracture
de la POMMETTE :
Il s’agit de la fracture de l’os malaire ( Cf.
chapitre Anatomie ).Sa fracture résulte d’un choc violent, latéral
ou de ¾, qui entraîne une désunion de cet os de ses attaches
( sutures) qu’il contracte avec les autres os de la face.
L’aspect clinique typique est le suivant :
Inspection :
- Oedème et ecchymose en regard de la pommette
- Hémorragie sous conjonctival de l’œil (le blanc de l’œil devient
rouge)
- Attraction vers le bas de l’angle externe de l’œil
- Enophtalmie (œil en retrait dans l’orbite)
- Limitation de l’ouverture de la bouche
- Diplopie (vision double) si fracture du plancher de l’orbite associée
Palpation :
- Encoche osseuse au niveau du cadre orbitaire
- Anesthésie ou sensibilité diminuée de l’aile
du nez (narine), de la lèvre supérieure ainsi que des
incisives et des prémolaires du coté de la fracture par
compression du nerf sous orbitaire (Cf. chapitre Anatomie)
- Emphysème (air sous la peau)
>
Exemple de fracture de la pommette gauche illustrée par une radiographie
de "blondeau" et un scanner
Le bilan radiologique est le suivant :
Radiographies standards avec, selon l’importance du traumatisme
et les résultats de l’examen clinique, un SCANNER. Il permet de
préciser le plan de traitement
Quel sera le but du traitement chirurgical ?
Il recherchera à
- restaurer le galbe de la pommette,
- assurer une ouverture buccale normale et
- éventuellement réparer la fracture du plancher de l’orbite
( Cf. chapitre fracture du plancher de l’orbite ) ainsi qu’à
décomprimer le nerf sous orbitaire.
En définitive et pour simplifier
DEUX EVENTUALITES apparaissent :
Soit la fracture est déplacée mais
stable (c'est-à-dire ne bougeant pas) après réduction
( c'est-à-dire lorsque l’os est remis en bonne place )
Soit la fracture est déplacée et instable
après réduction.
1. La Fracture est STABLE:
Une réduction chirurgicale de la fracture sous
anesthésie générale nécessitant une discrète
incision de la peau de la joue ( 3 mm ) permet de mobiliser et de remettre
en place l’os fracturé.
En pratique :
- Intervention d’environ 5 minutes
- Hospitalisation de courte durée 1 à 2 jours
- Soins se résumant à ceux de la plaie punctiforme
de la joue
- Arrêt de travail sous la dépendance de l’activité
du patient
2. La Fracture est INSTABLE :
Le caractère instable de la fracture nécessite
une contention ( maintien de l’os après sa réduction
en position normale) soit par des mini plaques en titane soit par des
fils d’acier très fins (matériel d’ostéosynthèse).
Il est nécessaire le plus souvent d’ouvrir la
peau en deux endroits (la paupière inférieure et
la queue du sourcil ) afin de mettre en place le matériel métallique
utilisé pour maintenir la fracture.
>
Ce matériel n’est NI DOULOUREUX NI VISIBLE et peut DEMEURER
A VIE
Exemples des zones
d’incisions possibles pour mettre en place le matériel d’ostéosynthèse
Contrôle
radiographique après l’opération (plaques visible en blanc)
L’abord chirurgical de la paupière inférieure
permet aussi de vérifier l’intégrité du plancher
orbitaire.
En pratique :
- Intervention d’environ 45 mn à 1h30
- Hospitalisation d’environ 3 à 4 jours afin de vérifier
l’absence de complications post-opératoires
- Soins se résumant à ceux des incisions , et à
l’instillation éventuelle de collyres
- Arrêt de travail sous la dépendance de l’activité
du patient
- Ablation des fils à J+5 à J+7 post-opératoire,
et ablation du matériel métallique selon les désirs
du patient et sous réserve d’un délai minimal de 1 an
Une fracture de la pommette IMPOSE
TOUJOURS :
- L’absence de choc après la chirurgie pendant un minimum de
45 jours
- Un mouchage doux (pour éviter le passage de l’air sous la peau
ou dans l’orbite)
- Un contrôle clinique pour vérifier l’absence de complications
qui sont :
- Persistance de l’insensibilité des territoires
décrits précédemment
- L’ectropion de la paupière inférieure ( rétraction
vers le bas de la paupière inférieure dégageant
le blanc de l’œil)
- Persistance de la diplopie
Fractures du NEZ :
Fractures les plus fréquentes du massif facial,
elles regroupent les fractures des os propres ( Cf. chapitre Anatomie
) associées ou non à des fractures/luxation de la cloison
nasale ( os séparant les deux fosses nasales)
La prise en charge thérapeutique se doit d’être
précoce mais non urgente ( en dehors de deux exceptions ) dans
un délai maximal de 10 jours la période optimale se situant
aux alentours du 5ème ou 6ème jour.
Le but est d’attendre une diminution de l’œdème et donc de bien
visualiser les reliefs osseux.
Comment se présente le traumatisé nasal
au service des urgences ?
Généralement il existe :
- Une épistaxis (hémorragie en provenance des fosses
nasales) d’abondance variable
- Un œdème ( gonflement) en regard de la zone fracturée
- Une ecchymose (sang dans peau) autour des yeux
- Une modification de la rectitude du nez
Le bilan radiologique se résume :
>
Radiographies standards dénommées "incidence des os
propre du nez" et "incidence de Gosserez"
Fracture du nez visible sur la radiographie des "os
propres du nez"
Les DEUX URGENCES à diagnostiquer et à
prendre en charge rapidement sont les suivantes :
- Le nez dit "couché " : avec effacement
total du relief nasal
- L’hématome de la cloison nasale
En dehors de ces deux urgences, une consultation spécialisée
à distance (5 à 6 jours) du traumatisme est proposée.
Dans l’attente un traitement anti-inflammatoire et antalgique est prescrit
et des consignes de lavage des fosses nasales ( au sérum physiologique)
sont données.
La consultation SPECIALISEE :
- Elle a pour but de faire le point sur l’étendue du traumatisme
(os propre et cloison) et de poser l’indication opératoire.
- Elle affirme le diagnostic initial
- Elle apprécie l’importance du déplacement et recherche
une atteinte de la cloison et de la ventilation nasale.
Au terme de la consultation il ressort
que :
- Il existe une fracture mais il n’y à spas de déplacement :
il n’y a donc pas lieu d’opérer.
- Il existe une fracture associée à un déplacement
ou à des troubles de la ventilation : l’indication opératoire
est alors posée.
L’indication opératoire étant posée,
comment cela se passe-t-il ?
L’intervention chirurgicale :
- A lieu sous anesthésie générale
- On repositionne les os du nez et de la cloison sans
aucunes incisions mais par simples manipulations manuelles ou instrumentales
- On mèche les narines par des feuilles de tulle
gras afin de maintenir la position des os
- On positionne un plâtre moulé sur le nez
et le front
Après l’intervention :
- Le méchage est maintenu pendant 48 heures sous
couvert d’une antibiothérapie. L’ablation de ces mèches
est effectuée en Consultation et n’est PAS DOULOUREUX
- L’ablation du plâtre est effectué 10 jours
après l’intervention en Consultation, puis maintenu seulement
la nuit pendant 3 semaines
En pratique :
- Intervention : durée d’environ : 2 mn
- Hospitalisation : ambulatoire (1 journée) sauf complications
- Arrêt de travail : généralement égal
à la durée du maintien du plâtre la journée
soit environ 10 jours.
Ce
qu’il faut savoir :
- La réduction d’une fracture du nez n’est PAS une rhinoplastie
( Cf. chapitre Rhinoplastie) et ne peut donc par définition PAS
obtenir un résultat esthétique meilleur que l’état
antérieur.
- En cas de mauvais résultat il est possible, à distance
(4 à 6 mois), de re-intervenir pour effectuer une rhinoplastie
esthétique (prise en charge par la sécurité sociale.
> Plâtre
de contention après réduction d’une fracture du Nez
(mèches nasales non en place)
Fracture de l’ARCADE ZYGOMATIQUE :
Véritable arche reliant la pommette aux reliefs
osseux situés en avant de l’oreille et facilement palpable( Cf.
chapitre Anatomie), l’arcade zygomatique de part sa finesse de constitution
est exposée à des fractures lors de traumatismes le plus
souvent latéraux.
Les caractéristiques de cette
fracture sont les suivantes :
- Douleurs en avant de l’oreille
- Effacement du relief osseux situé devant l’oreille(le plus
souvent masqué par l’œdème et l’hématome)
- Limitation de l’ouverture de la bouche due à un "embrochage"
du muscle temporal (Cf. chapitre Anatomie) par un fragment osseux.
Le
bilan radiologique standard est le plus souvent suffisant pour affirmer
le diagnostic de fracture et en préciser le cas échéant
le nombre de fragments. Ce nombre de fragments
est capital car il conditionne les suites thérapeutique.
>
Fracture de l’arcade zygomatique gauche
Pour schématiser :
- Une fracture présentant 1 ou 2 fragments est assez aisément
réductible chirurgicalement par une incision très courte
( 1 à 2 cm) et le plus souvent cachée ( cuir chevelu ou
dans la bouche). Par ailleurs il n’est pas nécessaire de procéder
à la mise en place de matériel métallique (dénommé
matériel d’ostéosynthèse) pour maintenir la fracture.
- Une fracture présentant de nombreux fragments sera quant
à elle très instable et nécessitera la pose
de matériel métallique par une incision plus grande.
Fracture à 1 ou
2 fragments :
Sous
anesthésie générale deux incisions sont envisageables
pour tenter de rétablir l’anatomie normale de l’arcade zygomatique.
L’une d’elle est pratiquée dans le cuir chevelu alors que la seconde
permet d’y accéder par la bouche. Dans les deux cas la cicatrice
est INVISIBLE.
Incision par le cuir chevelu : une incision
d’environ 2 cm est pratiquée dans le cuir chevelu permettant de
glisser un instrument métallique sous l’arcade zygomatique et de
pratiquer ainsi sa remise en place par un effet de levier. Les suites
opératoires sont simples et indolores
> Zone d’incision
indiquée en blanc
Incision par la bouche : une incision pratiquée
en regard des molaires du haut sur environ 1 cm permet également
de faire glisser un instrument métallique sous l’arcade. Les suites
sont, la aussi, simples et indolores
Dans les 2 cas l’absence de pose
de matériel métallique de maintien nécessite :
- L’absence de nouveau traumatisme sur le foyer de fracture le temps
de la consolidation osseuse (environ 45 jours)
- Une rééducation à l’ouverture de la bouche (effectué
par un kinésithérapeute) pendant un minimum de 3 semaines
afin de limiter l’effet délétère du traumatisme
sur le muscle temporal
Résultat
radiologique d’une réduction de fracture de l’arcade zygomatique
(fracture à gauche)
Fracture à plus de deux fragments :
Elles sont plus rare et le plus souvent associées
à d’autres fractures. Elles nécessitent une incision chirurgicale
plus large afin de visualiser l’ensemble de l’arcade zygomatique et
de procéder à la mise en place du matériel d’ostéosynthèse
(plaque/vis ou fil d’acier) une fois les fragments osseux remis en bonne
place.
En pratique :
- Intervention chirurgicale d’environ 1 heure 30 à 2
heures
- Hospitalisation variable suivant les lésions osseuses
associées ou non.
- L’arrêt de travail est à moduler en fonction
du travail du patient
Contrôle
radiographique après mise place du matériel d’ostéosynthèse
(flèche noire).
La courbe anatomique de l’arcade est retrouvée
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