Introduction
Qu'est-ce qu'une tumeur ?
Comment reconnaître le bénin du malin
?
Les moyens thérapeutiques :
- La chirurgie
- La radiothérapie
- La chimiothérapie

INTRODUCTION

La prise en charge des pathologies tumorales de la face
et de la cavité buccale est une mission majeure du service de chirurgie
maxillo-faciale au CHRU de Tours. Le contexte psychologique qui entoure
ce genre de pathologies nécessite une explication rigoureuse du
geste chirurgical à effectuer ainsi qu’une écoute attentive
du patient et de ses légitimes appréhensions.
La très grande diversité histologique (définissant
le type de cellule impliquée) des tumeurs ainsi que leur grande
variabilité de situation anatomique (la peau de la face, la cavité
buccale etc..), ne permettent pas de dicter une prise en charge unique
et standardisée. Ce chapitre se propose donc de tracer les grandes
lignes des signes cliniques qui doivent amener à consulter ainsi
que d’aborder les principes thérapeutiques de la pathologie tumorale.
QU’EST-CE QU’UNE TUMEUR ?

Elle peut être définie comme l’apparition
clinique (visible ou palpable) ou radiologique d’une masse tissulaire
plus ou moins importante en lieu et place des tissus sains. Cette
masse est due à la prolifération excessive de cellules.
Cette constatation ne préjuge pas de son caractère
bénin ( non agressif) ou malin. Seuls des examens dits "para-cliniques"
(notamment l’examen au microscope) peuvent affirmer avec certitude ce
caractère.
COMMENT RECONNAITRE LE BENIN DU MALIN ?

La bénignité se définit en miroir
du caractère malin.
Une tumeur maligne est agressive vis-à-vis des
tissus qui l’environnent (c'est-à-dire qu’elle les envahit)
et possède éventuellement un potentiel métastatique
(c'est-à-dire qu’elle peut se déplacer dans le corps à
plus ou moins longue distance et dans différents organes) via les
vaisseaux sanguins, lymphatiques ou encore les nerfs. Reconnaître
ce caractère malin nécessite la recherche de plusieurs critères.
A. Les critères cliniques
Il s’agit de ceux retrouvés par le médecin
lors de la consultation. Pour simplifier, les signes d’alerte (qui ne
demeurent qu’une piste diagnostique avant la certitude de l’examen au
microscope) d’une tumeur maligne sont les suivants :
- Le caractère DUR à la palpation
- Le caractère FIXE et non mobile
- Le SAIGNEMENT au contact
- L’ABSENCE de CICATRISATION
La détérioration de fonctions nerveuses
(motrices ou sensitives) au contact de la tumeur ainsi que la découverte
d’emblée de tumeurs à distance (évoquant des
métastases), restent elles aussi des éléments cliniques
péjoratifs. Une répercussion d’ordre plus générale
avec notamment une perte de poids importante sans facteur causal identifiable,
peut être retrouvée.
L’absence de ces signes oriente à l’inverse vers
le diagnostic de tumeur bénigne.
B. Le "terrain"
On entend par là, la présence ou non de
facteurs prédisposant à l’apparition de certains
cancers.
Ils doivent être recherchés lors de l’interrogatoire.
Bien connus du grand public, nous rappellerons l’association
fréquente des pathologies tumorales de la cavité buccale
en corrélation avec le TABAC et l’ALCOOL, ainsi que celles du revêtement
cutané facial avec l’EXPOSITION SOLAIRE.
D’autres facteurs prédisposant existent ,
notamment toxiques et médicamenteux, mais leur énumération
n’apporte rien au propos actuel.
C. Le critère histologique
Véritable "juge de paix ", c’est
lui et LUI SEUL qui AFFIRME le diagnostic.
Il est composé d’un examen au microscope d’une
partie de la tumeur, prélevée par le chirurgien (biopsie).
Cet examen nécessite que ce prélèvement subisse une
préparation spéciale souvent assez longue. Un examen plus
sommaire dit " extemporané " peut être
fait durant l’intervention chirurgicale et la guider.
Le médecin spécialiste de ce genre d’examens
( médecin anatomopathologiste) base son analyse sur deux
facteurs :
1. La nature du fragment tissulaire : Il peut discerner
s’il s’agit de muscle, de peau ou de muqueuse et affirmer ou non que
la structure de ce tissu est " normale " (c'est-à-dire
analogue à celle d’un tissu sain) ou qu’elle présente
des éléments architecturaux évocateurs d’une dégénérescence
maligne.
2. La morphologie des cellules : Encore dénommée
" étude cytologique ", elle s’astreint à
rechercher dans la morphologie même de la cellule le ou les signe(s)
permettant de s’orienter ou non vers une nature maligne.
EN RESUME, TOUTE APPARITION D’UNE MASSE NON REGRESSIVE
ACCOMPAGNEE DE SURCROIT DES EVENTUELLES SIGNES CLINIQUES DECRITS, DOIT
CONDUIRE A UN EXAMEN SPECIALISE DANS LES PLUS BREFS DELAIS
QUE SE PASSE T’IL ENSUITE ?

Une tumeur vous a fait consulter et la biopsie a été
effectuée. Il existe alors, et pour simplifier, DEUX POSSIBILITES :
- La tumeur est BENIGNE : Une simple
surveillance pourra être proposée selon que cette tumeur
engendre ou non des désagréments due à son volume
et que sa nature n’a pas de risque de dégénérescence
(transformation maligne).
Une intervention chirurgicale peut être proposée
sous anesthésie locale ou générale selon son emplacement,
son volume et/ou les potentielles difficultés techniques.
Les risques liés à chaque intervention
vous serons précisés lors de la consultation préalable
avec votre chirurgien ainsi que la durée envisagée d’hospitalisation.
- La tumeur est MALIGNE : De manière
systématique la recherche d’éventuelles métastases
ainsi que l’extension locale de la maladie reste la priorité
numéro UN avant d’envisager tout geste thérapeutique.
Pour cela votre chirurgien programmera ce que l’on nomme " un
bilan d’extension " (de la tumeur).
Il peut se décomposer grossièrement
et avec de nombreuses variations comme suit :
- Un scanner ou une IRM pour les tumeur soit profondes soit envahissant
ou suspectées d’envahir, des structures nobles telles que l’os
par exemple
- Une échographie pour visualiser les ganglions et l’abdomen
- Une radiographie pulmonaire
- Une fibroscopie de l’œsophage et de l’estomac dans le cadre des tumeurs
de la cavité buccale
- Une scintigraphie osseuse si l’on suspecte d’emblée des métastases
osseuses
- Une consultation éventuelle avec les médecins radiothérapeutes
Ce bilan d’extension effectué, une concertation
médicale multidisciplinaire (regroupant chirurgiens, médecin
radiothérapeutes et oncologues) évaluera le meilleur plan
de traitement adapté à chaque cas.
LES MOYENS THERAPEUTIQUES

Le trépied thérapeutique de la pathologie
tumorale est constitué de :
A. LA CHIRURGIE
Du ressort de notre service, son but est d’enlever
de manière complète la tumeur diagnostiquée
lorsque que cela est possible. Ce faisant, la perte de substance (qu’elle
soit muqueuse, osseuse ou cutanée) engendrée par cette ablation
pourra, ou non, nécessiter un geste chirurgical supplémentaire
pour la reconstruire.
Cette réparation pourra être effectuée
dans le même temps opératoire ou à distance selon
qu’il faille ou non attendre les résultats de l’examen au microscope.
La ligne directrice qui guidera votre chirurgien dans son geste réparateur
sera axée sur DEUX grands principes :
Associée au geste chirurgical visant à
extraire la tumeur, il est possible que soit rendue nécessaire
l’ablation de tout ou partie des ganglions lymphatiques du cou
ainsi que de certaines glandes salivaires. La raison est anatomique
puisque les voies de drainage et de dissémination des cellules
tumorales passent par ces ganglions et glandes.
Ce geste chirurgical supplémentaire est dénommé
(médicalement) curage cervical et peut être plus ou
mois étendu. Sa réalisation nécessite bien évidemment
des incisions cutanées supplémentaires les plus discrètes
possibles.
Par souci de clarté nous évoquerons successivement,
et de manière très simplifiée, la prise en charge
chirurgicale des pathologies tumorales :
La PEAU
Les tumeurs cutanées de la face et du crâne
constituent une activité chirurgicale importante du service dans
le domaine de la pathologie tumorale . Leur diagnostic doit être
précoce pour limiter, d’une part, le volume tumoral à
exciser et éviter, d’autre part, l’éventuelle apparition
de métastases.
Toute lésion faciale ne régressant pas,
voire augmentant de volume, se modifiant, ou présentant des saignements
répétés (et même en l’absence de douleur) DOIT
faire l’objet d’un contrôle par un médecin qu’il soit généraliste
ou spécialiste.
- L’éxérèse (l’ablation de la tumeur) :
Elle s’effectue sous Anesthésie Locale ou Générale
selon son volume, sa localisation et l’éventuel procédé
de reconstruction.
De manière schématique, l’incision répond
aux lois des lignes de tension de la peau et/ou des sous unités
esthétiques de la face. avec pour corollaire l’application de " marges
de sécurité " nécessaire pour ce qui concerne
les tumeurs malignes.
Ces marges de sécurité correspondent à
la quantité de peau (ou de tissu) environnant la tumeur qui doit
être retirée pour être certain de ne pas laisser de
cellules tumorales. Ainsi une tumeur de 1 cm de diamètre pourra
nécessiter une marge de 1 à 2 cm voire plus.
Exemple
des sous unités esthétiques du nez à respecter lors
de l’opération
pour éviter des résultats disgracieux (d’après Burgett)
- La reconstruction : Plusieurs méthodes de reconstruction
s’offrent au chirurgien maxillo-facial pour réparer le trou qu’il
vient d’effectuer ; il en va d’ailleurs de même en ce qui
concerne l’éventuelle " fonction "(ventilation,
fermeture des paupières, écoulement des larmes etc..).
Il peut s’agir :
- de la suture directe (c'est-à-dire sans confection de
lambeaux ou de greffes) lorsque la perte de substance est de faible
importance
- De la greffe de peau : elle permet de substituer à
la perte cutanée localisée, une peau d’épaisseur
variable, prélevée sur le patient en des sites anatomiques
ou le revêtement cutané est le plus proche , en coloration
et épaisseur, de la zone à reconstruire.
- De la greffe cartilagineuse et/ou composite :Analogue,
dans le principe, à la greffe de peau elle permet de reconstruire
des pertes de substance multi tissulaires (comportant par exemple de
la peau + du cartilage).
- De lambeaux locaux, régionaux ou à distance :
Il permettent par des incisions supplémentaires de prélever
de la peau, du muscle ou de l’aponévrose
qui sont soit adjacent soit à proximité voire à
très longue distance (l’avant bras par exemple) du site à
reconstruire. La différence fondamentale qui les dissocie des
greffes de peau est qu’ils sont vascularisés.
Leur réalisation allonge de façon notoire
le temps d’intervention et nécessite l’emploi du microscope (microchirurgie)
pour le raccordement des vaisseaux.
A chaque reconstruction correspond généralement
plusieurs lambeaux possibles. Votre chirurgien vous détaillera
à la consultation les avantages et inconvénients de chacun
et celui qui semble le mieux adapté.
Exemple
d’une perte de substance de l’aile narinaire droite reconstruite avec
une greffe composite
(peau +cartilage) prélevée sur l’oreille
LES GLANDES SALIVAIRES
Les tumeurs concernent essentiellement les glandes dites
"principales" au nombre de 6 (paires et symétriques) :
Parotide, sub mandibulaire (sous maxillaire) et sub linguale.
La très grande majorité de ces tumeurs
(85 à 90 %) concernent par ailleurs la glande parotide et
sont constituées de 70 à 80 % de tumeurs bénignes.
La pathologie tumorale maligne est donc bien moins
représentée que sa consoeur bénigne.
Pour des raisons de volume, de potentielle dégénérescence
ou de malignité avérée, il est parfois nécessaire
de procéder à l’ablation de la glande. Il est utile de noter
que la perte d’une voire plusieurs glandes principales n’engendre pas
ou très peu de perturbations sur la quantité de salive sécrétée
(les autres glandes et les glandes dites " accessoires "
subvenant largement aux besoins).
Nous décrivons :
- L’exerèse : En dehors d’un envahissement cutané
de la tumeur, aucune résection cutanée n’est effectuée.
Les techniques chirurgicales variant fondamentalement entre la parotide
et la glande sub mandibulaire, nous individualiserons donc chacune d’entre
elle.
- La glande parotide : L’ablation totale ou partielle de
cette glande située en avant de l’oreille (cf. chapitre Anatomie)
nécessite une incision cutanée assez étendue mais
presque totalement invisible puisque reprenant à peu de chose
près la même cicatrice que laisse un lifting.
La présence du nerf facial (cf. chapitre
Anatomie), à l’intérieur même du tissu de la glande,
nécessite (lorsque qu’il n’est pas envahit par la tumeur) une dissection
fine et délicate pour le respecter.
Ce
nerf très important permet la mobilité de l’ensemble muscles
du visage.
Cette dissection entraîne de façon relativement fréquente
une sidération de ce nerf pendant quelques semaines voire
quelques mois entraînant une paralysie motrice habituellement régressive
et d’intensité variable. Des consignes de rééducation,
par un kinésithérapeute, de la mimique faciale ainsi
que des méthodes de protection oculaire vous serons alors
prescrites.
>
Exemple d’une incision pour intervention chirurgicale
sur la parotide (non contractuelle)
- La glande sub mandibulaire : Son ablation nécessite
une incision cutanée plus ou mois étendue située
en dessous du bord inférieur de la mâchoire (mandibule)
et reste assez discrète puisque cachée par le relief de
cette même mâchoire.
Les
risques majeurs pendant la réalisation de cette intervention demeurent
la lésion d’une branche du nerf facial (cf. chapitre Anatomie)
qui innerve la lèvre inférieure (Rameau mentonnier du
nerf facial) ainsi que la lésion du nerf lingual dont
la fonction est d’innerver sensitivement une partie de la langue .
Ces atteintes demeurent heureusement exceptionnelles.
>
Exemple d’une incision pour intervention
sur la glande sub mandibulaire (non contractuelle)
- La reconstruction : Inexistante en ce qui concerne la
glande sub-mandibulaire (car son ablation n’engendre pas de troubles
esthétiques), elle peut s’envisager pour la glande parotide.
En effet cette dernière participe de façon importante
au volume de la joue située en avant et en dessous de l’oreille,
et son ablation est parfois disgracieuse car créant une zone
en creux.
Plusieurs techniques chirurgicales permettent de limiter
ce phénomène en même temps que l’on procède
à l’ablation de la glande mais sont d’efficacité limitée.
Une technique consiste à injecter de la graisse
qui est prélevée sur le patient, centrifugée, puis
réintroduite via des incisions punctiformes. Cette technique est
dénommée lipostructure et est détaillée dans
le " chapitre Esthétique ".
LA MUQUEUSE BUCCALE
Rappelons que, dans le cadre des tumeurs malignes, les
facteurs favorisants prédominants sont le TABAC et L’ALCOOL.
De façon analogue à la pathologie tumorale
cutanée, le traitement chirurgical de la pathologie tumorale de
la muqueuse buccale consiste dans un premier temps à enlever la
tumeur puis à reconstruire le site opéré.
L’ablation de la tumeur peut correspondre à une
simple pastille muqueuse ou comporter une partie musculaire (muscle de
la langue par exemple) voire osseuse (mandibule ou maxillaire supérieur).
C’est pour cette raison que les procédés de reconstruction
sont aussi nombreux qu’il existe de tumeurs réséquées.
Votre chirurgien vous informera lors de la consultation
s’il s’avère nécessaire de pratiquer une méthode
de reconstruction complexe ou si la simple suture suffira.
De manière analogue à la chirurgie
tumorale cutanée (cf. la PEAU dans ce chapitre) les procédés
de reconstruction sont :
- La suture directe
- La greffe de pea
- La greffe de muqueuse
- Les lambeaux locaux, régionaux ou à distance qu’ils
soit muqueux, musculo-muqueux (comportant du muscle et de la muqueuse),
musculaires ou ostéo-cutanés (comportant de l’os et de
la peau)
Exemple
d’un cancer buccal opéré et reconstruit par des lambeaux
locaux de joue
L’OS
La pathologie tumorale osseuse à ceci de particulier
qu’elle ne s’exprime cliniquement qu’assez tardivement, ou alors,
est découverte de façon fortuite (radiographie effectuée
chez le dentiste par exemple). La profondeur de l’atteinte la cachant
au regard et à la palpation expliquant cela.
Les tumeurs agissent soient en produisant de l’os soit
au contraire en détruisant ce dernier. Ce caractère, à
lui seul, ne préjuge pas du caractère bénin ou malin
de la tumeur.
Seuls des examens radiologiques spécifiques et
surtout la biopsie (cf. examen histologique dans ce Chapitre) affirment
le caractère malin ou non.
La conduite à tenir vis à vis de l’os atteint
, ainsi que le devenir de la dentition en regard, est bien évidemment
liée à ce caractère malin ou bénin.
L’exérèse : consiste soit en l’ablation
de la tumeur elle-même dans le cadre des tumeurs bénignes,
soit en la résection plus large (avec des marges de sécurité)
de la mandibule ou du maxillaire supérieur pour ce qui concerne
les tumeurs malignes. La conservation des nerfs traversant ces os (par
exemple le nerf alvéolaire inférieur pour la mandibule cf.
chapitre Anatomie) dépendra du caractère bénin ou
malin de la tumeur
La façon d’y accéder pourra être
exclusivement endobuccale (ne laissant donc pas de cicatrice visible)
ou alors cutanée avec des incisions toujours les plus discrètes
possibles.
La reconstruction : Elle s’articulent autour de QUATRE grands
axes thérapeutiques. Il peut s’agir :
De la cicatrisation spontanée : C'est-à-dire que
le " trou " formé par l’ablation de la tumeur
n’est pas comblé par un artifice chirurgical mais que c’est l’os
lui-même, par son potentiel de régénération,
qui assurera le comblement de cette cavité.
De la greffe : (osseuse ou de synthèse) :
Technique n’augmentant pas la rigidité de l’os comblé mais
dont l’intérêt consiste en une " aide "
à la cicatrisation spontanée de l’os. Cette greffe peut
être prélevée directement sur des site " donneurs "
du patient lui même : Hanche,Tibia.. ou être fourni
par un os d’un autre patient qui aura subi un traitement spécial
pour ne pas engendrer de phénomène de rejet. Une autre alternative
consiste à combler la cavité par un substitut osseux de
synthèse qui potentialisera la reconstitution spontanée
osseuse véritable.
Des lambeaux osseux : Comme précédemment
décrits dans la reconstruction cutanée et muqueuse (cf.
ce même Chapitre), les lambeaux sont donc des entités vascularisées.
Les lambeaux osseux peuvent être prélevés sur différents
sites : le pied, la jambe, la hanche , le thorax
(cote ou omoplate).
Chacune de ces localisations présente des avantages
et des inconvénients selon la zone anatomique à reconstruire
ainsi que des désagréments inhérents à leur
prélèvement. Tout ceci vous sera longuement explicité
si l’indication venait à être posée. Leur technique
de modelage et de vascularisation (micro chirurgie) impose des durées
d’intervention très longues dépassant parfois 10 heures
dans le cadre des pathologies tumorales malignes.
Leur indication repose surtout sur les pertes osseuses
très importante post traumatique et la chirurgie tumorale maligne.
Les prothèses : réservée
presque exclusivement à l’obturation d’une cavité résiduelle
(post chirurgicale) du maxillaire supérieur, elles ne ce
conçoivent que devant l’impossibilité de reconstruire l’os
réséqué par un autre moyen.
Leurs avantages consistent dans la relative rapidité
avec laquelle elle peuvent être conçues (faites sur mesure),
mais aussi dans leur totale innocuité et dans le gain rapide de
confort, de phonation et de déglutition qu’elles apportent.
B. LA RADIOTHERAPIE
Traitement médical basé sur l’irradiation
des tissus tumoraux par des rayonnements de nature et d’intensité
variable, elle est :
1. soit associée au traitement chirurgical selon la nature
de la tumeur extraite ainsi que son envahissement aux tissus
proches et/ou à distance (ganglions ou autres organes)
2. soit proposée de manière isolée ou en
en concomitance avec une chimiothérapie, si la chirurgie
ne peut être réalisée ou n’a pas été
retenue dans le plan de traitement.
Sa réalisation est effectuée (au CHRU de
Tours) dans le service de radiothérapie de l’hôpital Bretonneau
selon un protocole adapté à chaque type de tumeur. Le nombre
de séances ainsi que leur intensité sont variables.
Le maintien à domicile est la règle pendant
la durée du traitement qui s’étale généralement
sur plusieurs semaines.
Les conséquence locales de ce type de traitement
vous seront longuement expliquées lors de la consultation avec
le médecin radiothérapeute qui vous prendra en charge.
En voici résumé les
principales :
- Rougeur et irritation cutanée
- Sensation de brûlure dans la bouche
- Diminution du flux de la salive : bouche sèche
Dans le cadre bien spécifique de l’irradiation
de la sphère orale, une attention toute particulière
doit être portée à l’état BUCCO-DENTAIRE.
Pourquoi ?
La dent comme le parodonte (tissu de soutien de la dent
cf. chapitre "Dents et urgences Dentaires") sont des portes
d’entrée potentielles de germes buccaux dans l’os de la
mâchoire ou du maxillaire supérieur. Cet os, fragilisé
par le rayonnement qu’il a subi, se défend mal contre l’infection
et peut subir de grave dégâts (ostéite) très
difficilement réparables dans ce contexte.
Que faire alors ?
La prise en charge d’une bonne hygiène dentaire
débute avant la radiothérapie, se poursuit pendant
et doit être maintenue par la suite A VIE.
- Avant : elle consiste à supprimer tout foyer infectieux
potentiel au niveau des dents. Il pourra être nécessaire
de procéder à l’extraction de tout ou partie des dents
présentes dans le champ d’irradiation.
- Pendant : En dehors de gouttières radio-opaques
limitant le rayonnement sur les dents elles mêmes, le port d’autres
gouttières à domicile dites "fluorée"
(sorte de "protège dents" analogues à celui
des rugbymen) 5 à 10 minutes par jour permet de limiter la colonisation
microbienne et évite ainsi l’apparition de foyers infectieux.
- Après : La rigueur dans le port des gouttières
fluorées ainsi qu’un suivi régulier auprès
du chirurgien dentiste ou du stomatologue A VIE, seront
les garants de l’absence ou de la découverte la plus précoce
possible de complications redoutables (cf. chapitre "dents
et urgence dentaires")
C. LA CHIMIOTHERAPIE
Traitement médical basé sur la
perfusion de drogues "anti cellules tumorales", elle peut être :
1. Soit associée au traitement chirurgical de manière
analogue à la radiothérapie
2. Soit isolée ou en même temps qu’un traitement par radiothérapie,
si la chirurgie ne peut être proposée.
Constituée le plus souvent par l’association de
plusieurs drogues, son efficacité s’accompagne d’effets secondaires
multiples qui vous seront détaillés par le médecin
qui vous suivra.
Sa réalisation nécessite un bilan biologique
et radiologique préalable.
Les cures sont effectuées (au CHRU de Tours) à
l’hôpital Bretonneau selon le protocole établi par le médecin
oncologue dans le cadre d’hospitalisations courtes.
Elle reste cependant d’indication exceptionnelle dans
le traitement des tumeurs de la cavité buccale.
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