Qu'est-ce qu'un implant ?
Indication, risques et échecs
Quel bilan réaliser ?
Les temps opératoires
La chirurgie pré-implantaire ou comment apporter
de l'os là où il n'y en avait pas ?

INTRODUCTION

Les implants ont pour but de remplacer une, ou plusieurs,
dents absentes par une ou plusieurs dents artificielles et ce dans leur
intégralité : RACINE et COURONNE comprise.
La couronne
Partie visible de la dent lorsque cette dernier
est saine, elle peut (dans le cadre de la restauration prothétique)
être fixée soit aux racines d’une dent traitée, soit
à un support métallique enchâssé dans l’os
dénommé IMPLANT
L’implant
Fait office de racine dentaire artificielle
et permet l’ancrage soit d’une couronne soit d’une prothèse dentaire
(constituée de plusieurs couronnes) dite alors "implanto portée".
L’implant permet donc de SUBSTITUER UNE RACINE dentaire
déficiente par un dispositif métallique vissé dans
l’os.
QUELLES SONT LES CARACTERISTIQUES DE CET IMPLANT ?

Aspect : Assimilable
à une VIS de longueur, largeur et forme variable.
Composition : Titane
pur (analogue au prothèse de hanche)
Particularité : S’intègre
totalement à l’os qui lui est contigu grâce à la texture
de son revêtement permettant aux cellules osseuses de se souder
à lui (OTEOINTEGRATION)
Exemple d’implants
(avec l’aimable autorisation du Dr Romieux)
INDICATION DES IMPLANTS :
Les implants peuvent servir à remplacer une ou
plusieurs dents manquantes et également à stabiliser des
prothèses amovibles par des systèmes de bouton pression
LA POSE D’IMPLANT PEUT ELLE SE FAIRE DANS TOUS LES CAS ?

> NON
Des examens préalables (cf. plus loin dans ce
même chapitre) sont nécessaires lors de la consultation initiale.
On recherchera les conditions préalables à la pose d’implant
Conditions Locales :
1. Volume et quantité d’os devant recevoir l’implant (par des
radiographies et scanner
2. Présence de foyers infectieux dentaires ou gingivaux
Les conditions locales peuvent être améliorées
en particulier par une chirurgie préalable (cf. chirurgie "pré-implantaire"
dans ce même chapitre) si par exemple le volume osseux est insuffisant.
Conditions Générales :
Certaines maladies (maladies des valves cardiaques, diabète
déséquilibré..) contre indiquent la chirurgie implantaire.
LES RISQUES OPERATOIRES :
Une analyse de la radiographie panoramique des maxillaires
et éventuellement d’un scanner permet de déterminer avec
précision la position des obstacles anatomiques tels que le sinus
et le canal dentaire.
Cela permet également de choisir en conséquence
les implants adaptés afin d’éviter tout risque durant l’acte
chirurgical.
LES ECHECS :
Un implant n’est pas une greffe. Il ne peut donc pas
y avoir de rejet.
Cependant dans certains cas (5 % environ), la
cicatrisation osseuse se fait mal et l’implant ne peut être conservé,
il devient mobile et légèrement sensible comme une dent
naturelle.
Dans ce cas il convient de le déposer après
anesthésie.
Une nouvelle mise en place peut être réalisée
quelques mois plus tard.
QUEL BILAN REALISER AVANT LA
POSE D’UN IMPLANT ?

La pose d’un implant ne s’improvise pas. Elle est le
fruit d’une indication posée par le dentiste et d’une
évaluation minutieuse du terrain sur lequel ce dernier prendra
place.
C’est pourquoi avant tout geste, la consultation ainsi
que la réalisation éventuelle d’examens complémentaires
est un temps thérapeutique indispensable.
La consultation :
1. Examen LOCAL : Il
a pour but d’évaluer la qualité de la muqueuse gingivale,
les contraintes mécaniques que contractera la future couronne
avec les dents présentes ainsi que la recherche de foyers infectieux
d’origine dentaire ou parodontale qui devront être éliminés
avant d’envisager la mise en place de l’implant.
2 - Examen GENERAL :
La pose d’un matériel prothétique intra osseux et inerte
(c'est-à-dire inapte à se défendre contre un processus
infectieux) effectué de surcroît dans un milieu septique
(la bouche), impose des restrictions et des précautions évidentes
comme nous venons de le voir (cf. examen local)
Par ailleurs, et pour simplifier, un patient présentant
des risques d’endocardite (cf. chapitre " Dents et urgences
dentaires ") et/ou un diabète déséquilibré
est une contre indication ABSOLUE à la pose d’implants. La recherche
de ces pathologies, ainsi que d’autres dont nous ne détaillerons
pas ici la liste, est donc un temps fondamental.
Les examens radiologiques :
Leur réalisation est indispensable à la
planification du geste permettant la pose de l’implant. De façon
général on demande :
- D’un panoramique dentaire
- De clichés dits "rétro alvéolaires"
- D’un scanner
On recherche :
- La présence de foyer infectieux latent dentaire et osseux
- La quantité et la qualité d’os présent
sur le futur site d’emplacement de l’implant
- L’éventuelle proximité d’élément anatomique
à respecter lors de la pose de l’implant : le sinus maxillaire
(cf. chapitre Anatomie) et le nerf dentaire inférieur
(cf. chapitre Anatomie)
1. Les foyers infectieux :
Comme nous l’avons vu, leur éradication est une condition préalable
indispensable à la pose de l’implant.
2. La quantité d’os :
Le volume de l’implant (tant en hauteur qu’en largeur) est conditionné
par l’emplacement de la dent qu’il est susceptible de remplacer. Pour
autant, il est obligatoire que ce dernier soit environné de tissu
osseux de bonne qualité et en quantité suffisante pour lui
permettre une solidité d’ancrage optimale. L’absence d’une de ces
deux variable (quantité ou qualité) impose des gestes chirurgicaux
préalable de greffes osseuses (chirurgie pré implantaire)
que nous développons plus loin.
3. Les éléments
anatomiques : Il convient, lors de la pose des implants, de
respecter le sinus maxillaire et le canal dentaire.
Exemple
de Scanner du maxillaire supérieur (les sinus sont bien visualisés)
Le bilan est réalisé, comment se déroule
la pose de l’implant ?

Nous détaillerons dans un premier temps la pose
d’un implant ne nécessitant PAS d’apport osseux préalable.
Cette pose s’effectue généralement en 3
TEMPS :
1er TEMPS :
Il consiste après avoir écarté
la gencive au niveau de la zone d‘implantation à apercevoir
l’os sous jacent. Ce dernier est préparé afin de ménager
un logement dans lequel sera vissé l’implant.
Après mise en place de celui-ci, la gencive est
généralement suturée et l’implant restera
à l’abri le temps de la cicatrisation (3 à 6 mois)
En pratique :
Intervention
2ème TEMPS :
Effectué généralement après
un délai de 3 à 6 mois par rapport au premier temps,
il consiste à visser sur l’implant mis en place, un pilier dit
"de cicatrisation" qui à pour but de ménager
un espace de gencive nue assez large pour pouvoir y apposer :
- soit la couronne
- soit le clip de la prothèse implanto portée.
Pour cela l’implant DOIT être ostéo intégré
ce qui n’est pas toujours le cas.
En conséquence :
- Soit l’implant est ostéo intégré et la mise
en place du pilier de cicatrisation est effectuée.
- Soit l’implant n’est pas ostéo intégré (donc
mobile), et il pourra être nécessaire de le retirer avant
d’effectuer à distance une nouvelle tentative
En pratique :
Intervention :
- Le plus souvent sous anesthésie locale
- Hospitalisation généralement identique au 1er
temps
Soins post opératoires :
- Identiques au 1er temps
- Prise en charge Sécurité Sociale : NON
- Arrêt de travail : NON
3ème TEMPS :
Dévolu à la confection de la couronne
définitive, ou de la prothèse, il consiste à déposer
le pilier de cicatrisation et de la sceller sur l’implant. Ce temps est
du ressort du chirurgien dentiste.
Ce dernier assurera le suivi clinique et éventuellement
radiologique.
Contrôle
radiologique après pose implants et couronne dans le maxillaire
supérieur
Mais, que faire quand l’os nécessaire à
la pose de cet implant n’est pas en quantité suffisante ?

Comme nous l’avons évoqué plus haut, les
contraintes mécaniques que doit subir le futur implant implique
des fondations osseuses solides et en quantité suffisante.
L’absence d’un de ces deux critères oblige le
praticien, souhaitant malgré tout effectuer la pose d’un implant,
à apporter de l’os sur le futur site implantable.
Ce temps chirurgical préalable est dénommé :
CHIRUGIE PRE-IMPLANTAIRE. Elle doit être effectué par des
praticiens expérimentés et dans un environnement d’asepsie
poussée.
En quoi consiste l’intervention ?
Deux types de greffes osseuses sont envisageables :
1. Augmenter la largeur de l’os
C’est l’indication principale des greffes osseuses
dites "d’apposition", ou l’on prélève de l’os
sur des sites donneurs. Ces sites , en fréquence, sont les suivants :
SACHEZ QUE : La technique
de prélèvement ne fragilise en rien le site donneur
et les cicatrices permettant le prélèvement sont cachées
dans les cheveux (on ne les rase pas de manière visible)
en ce qui concerne le crâne, et dans la bouche pour ce qui
est de la mâchoire.
Un bilan radiologique précède de façon
générale le prélèvement afin de se prémunir
d’éventuelles complications.
Les risques inhérent à chaque technique
vous seront détaillés lors de votre consultation.
L’os prélevé est ensuite positionné
au niveau de la zone (tant au niveau de la mandibule que du maxillaire
supérieur) dont on veut augmenter la largeur (en ouvrant la gencive)
et le fixer par des micro vis qui seront ensuite retirées. Le délai
d’attente avant la pose de l’implant varie ensuite entre 3 et 6
mois.
C’est une chirurgie MINUTIEUSE nécessitant un
os receveur de bonne qualité et une parfaite hygiène bucco
dentaire.
> La réussite
de cette greffe n’est PAS de 100 % les échecs sont envisageables.
En pratique :
Intervention
2 - Augmenter la hauteur de l’os
Plusieurs techniques chirurgicales permettent
d’accroître le tissu osseux dans son axe vertical. Il s’agit, en
plus des greffes d’appositions que nous avons vu, de la distraction
alvéolaire et du comblement des sinus maxillaires.
La distraction alvéolaire :
C’est une technique dont les indications sont rares.
Un matériel spécifique est mis en place dans la cavité
buccale afin d’écarter, de façon lente et progressive,
l’os qui aura été préalablement sectionné.
La capacité spontanée de l’os à se régénérer
comble l’espace induit par la traction du distracteur.
Se faisant, après un délai variable de
distraction, la hauteur d’os est augmentée et la pose de l’implant
possible après une période de consolidation osseuse.
Exemple
de distracteur alvéolaire sur le maxillaire supérieur
Le comblement de sinus :
Il est généralement indiqué dans
le cadre des restauration prothétiques des secteurs prémolaires
et molaires, il consiste à augmenter la hauteur du tissu osseux
en regard de ces secteurs en comblant partiellement la cavité
que constitue le sinus maxillaire par du tissu osseux (prélevé
sur la hanche ou le crâne) ou de l’os de synthèse.
L’intervention consiste donc, après incision de
la muqueuse buccale, à ouvrir le sinus puis à glisser sous
sa muqueuse, du tissu osseux (prélevé au niveau du crâne
ou de la hanche) ou du matériau synthétique.
Un délai d’environ 3 à 6 mois est
nécessaire pour poursuivre le schéma thérapeutique
de la pose d’implant.
Des échecs sont possibles et non
prévisibles

Exemple de comblement
de sinus bilatéral sur un scanner (flèche)
En pratique :
Intervention :
- Effectuée sous anesthésie générale
- Hospitalisation variant de 1 à 2 jours (en l’absence de complications)
Soins post opératoires :
- Bains de bouche et soins de la cicatrice de prélèvement
(hanche ou crâne)
- Hygiène buccale et alimentation molle pendant 7 jours
Prise en charge par la Sécurité Sociale : NON
Arrêt de travail : NON
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