Anatomie de l'organe dentaire
Foyers infectieux d'origine dentaire
- les causes
- les conséquences
- Comment éviter ces infections ?
Les extractions dentaires et les kystes d'origine dentaires
- Les extractions dentaires
- Les dents de sagesse
- Les kystes
Traumatismes et urgence dentaire
- Mécanisme et classification
- Que faire dans l'urgence ?
- Les moyens de traitement dans l'urgence
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__ > Chez
l'enfant

ANATOMIE DE L’ORGANE DENTAIRE

Avec
l’aimable autorisation du Dr Ben Slama
FOYERS INFECTIEUX D’ORIGINE DENTAIRE

Chacune des structures (dent, gencive) décrites
dans le chapitre "anatomie de l’organe dentaire" est susceptible
d’être une "porte d’entrée" infectieuse potentielle
si elle se trouve être lésée.
Voici résumé les différentes pathologies
amenant à cette lésion de l’organe dentaire et les inévitables
conséquences infectieuses redoutées.
A. LES CAUSES DE L’INFECTION
1. LA CARIE :
Atteinte de l’email dentaire, elle est occasionnée
par une prolifération microbienne, elle-même favorisée
par le tartre. Son évolution spontanée est un attaque progressive
de la surface de l’email , ainsi que du réseau nourricier et sensitif
de la dent : la pulpe.
Indolore dans sa phase initiale, elle devient douloureuse
dès l’atteinte de la dentine puis de la chambre pulpaire, ce qui
constitue LE signal d’alerte avant les ennuis.
Il est cependant parfois trop tard et l’évolution
spontanée peut se faire vers :
L’abcès, soit osseux soit des structures molles avoisinantes
La formation d’un granulome (foyer infectieux latent localisé au
niveau des racines dentaires)
La mortification dentaire (dent insensible et devenant noirâtre)
La diffusion microbienne dans le sang (septicémie)
exemple
de caries à un stade évolué (Cas du Dr Huttenberger)
2. LES PARODONTOPATHIES
Elles désignent l’atteinte des éléments
de soutien de la dent (Gencive,cément,os). Elles proviennent, le
plus souvent, d’un processus infectieux mais peuvent relever d’une pathologie
d’ordre général.
2a – Origine infectieuse : La
carie dentaire , de proximité, y trouve une place prépondérante.
Le mécanisme de diffusion est celui d’une atteinte du desmodonte
(cément, ligament alvéolo-dentaire ) via la chambre pulpaire
puis une migration de l’infection vers l’os.
De plus, la MAUVAISE HYGIENE BUCCALE (cf. " conseils "
dans ce même chapitre) est à l’origine d’une pullulation
microbienne au niveau de la plaque dentaire susceptible d’engendrer des
inflammations locales de la muqueuse et de provoquer une " porte
d’entrée " pour les bactéries.
2b – Origine générale : En
dehors des causes infectieuses, un certain nombre d’affections ou de déséquilibres
organiques peuvent avoir un retentissement au niveau du parodonte et plus
particulièrement au niveau de la gencive. Dans ce cas précis,
les facteurs généraux sont dits prédisposants
ou déclenchants MAIS l’affection générale
étant traitée, les lésions induites évolues
pour elles mêmes, entretenues par les facteurs locaux.
> Quelles sont
ces causes générales (exemples non exhaustifs) ? :
Diabète
Carences vitaminiques : A B C D K
Maladies du sang
B. LES CONSEQUENCES LOCALES DE
L’INFECTION
1 - La gingivite :
Inflammation aigue de la gencive qui devient rouge, douloureuse
et boursouflée
2 - La desmodontite :
Inflammation du ligament alvéolo-dentaire.
Elle se présente, dans sa forme habituelle, par
une douleur lancinante exacerbée en position couchée, associée
à une sensation de " dent longue ". La percussion
verticale de la dent est par ailleurs très douloureuse.
L’apparition d’un tel tableau clinique impose une consultation
en urgence chez le dentiste afin de mettre en place le traitement médical
approprié
3
– La cellulite : Il s’agit, comme nous l’avons vu, d’une
infection des tissus avoisinants les organes dentaires. Rien à
voir bien évidemment avec la cellulite "peau d’orange"
dont le grand public à connaissance et dont les crèmes cosmétiques
font grand commerce. >
Cellulite faciale
Elle se présente majoritairement sous le forme
d’une tuméfaction chaude, rouge et parfois douloureuse des tissus
de voisinage. Cette atteinte est généralement en rapport
avec la dent causale. Ainsi concernant les dents de la mandibule,
il peut apparaître :
Un gonflement de la joue
Un gonflement du plancher buccal (zone située sous la langue)
Un gonflement du cou
Ce GONFLEMENT s’associe ou non, selon la position
sur l’arcade de la dent responsable, à une limitation de l’ouverture
de la bouche (appelé trismus) due à l’inflammation du muscle
masticateur "le masséter" (cf. chapitre Anatomie)
Concernant les dents du maxillaire supérieur :
Un gonflement de la joue
Un gonflement des paupières
Un gonflement du palais
L’apparition de ce tableau clinique (douleur dentaire
et/ou gonflement douloureux des tissus environnant) IMPOSE une consultation
médicale en EXTREME URGENCE.
Une évolution défavorable avec une éventuelle
atteinte de l’œil ou de la respiration peut engager le pronostic
VITAL.
Heureusement dans la majorité des cas un traitement
par antibiothiques soit par voie orale, soit par voie intra-veineuse suffit
à enrayer l’évolution, mais il est parfois nécessaire
d’intervenir chirurgicalement pour :
1. ôter le foyer infectieux responsable : la dent
2. drainer la collection purulente
> LE REFLEXE : PAS D’AUTOMEDICATION
C. CONSEQUENCES A DISTANCE DE L’INFECTION
Si les complications locales ou loco-régionales
sont le fruit d’une pullulation microbienne et des réactions inflammatoires
de défense de l’organisme, il en va de même des complications
à distance.
Ainsi le passage des bactéries dans la circulation
sanguine par la pulpe dentaire peut occasionner une fixation des bactéries
sur des organes "cibles" tels que :
Le coeur (notamment les valves) avec risque d’endocardite
Le cerveau
Les articulations des membres et les vertèbres de la colonne
Les poumons, les reins ….
Les conséquences en sont une altération
notable de la FONCTION de l’organe atteint (voire sa destruction partielle
ou totale).
Le lecteur aura donc compris que cette migration infectieuse,
chez des patient porteurs d’une pathologie d’un des organes pré
cités (et la liste n’est pas exhaustive), sera bien entendu non
seulement favorisée mais aussi potentiellement gravissime.
C’est pourquoi une attention toute particulière
doit être entreprise dans la PREVENTION des infections dentaires
et parodontales non seulement chez le patient " sain "
mais plus encore chez le patient porteur d’une atteinte cardiaque
(notamment valvulaire), rénale (insuffisance rénale)
ou encore pulmonaire (insuffisance pulmonaire).
COMMENT PREVENIR cette pathologie
de l’organe dentaire et éviter de telles complications ?
1. L’HYGIENE BUCCALE :
Pierre angulaire de la prévention anti
carieuse, et par la même des foyers infectieux, elle ne doit souffrir
pour être efficace d’aucun laisser-aller.
Elle comprend :
Brossage des dents régulier de 3 minutes environ après
les repas (au mieux sinon matin et soir)
Utilisation régulière de dentifrice à composition
fluoré
En une alimentation ne faisant pas trop la part belle aux sucreries
En l’éventuelle association aux brossage du fil dentaire
2. LE SUIVI DENTAIRE REGULIER
En dehors des règles de bonne hygiène
bucco-dentaire , un suivi régulier (au mieux 2 fois
par an) chez votre dentiste est nécessaire à la détection
précoce des lésions. Leur traitement sera un gage d’absence
d’évolution défavorable.
EXTRACTIONS DENTAIRES ET KYSTES D’ORIGINE DENTAIRE

Dans ce chapitre sont regroupées les extractions
d’une ou plusieurs dents pour raison infectieuses ou pour malposition
(dents de sagesse).
Sont évoqués également les kystes
de la mandibule et du maxillaire supérieur d’origine dentaire.
A.
LES EXTRACTIONS DENTAIRES
L’indication sera soit portée par votre chirurgie
dentiste soit par votre stomatologue après consultation et bilan
radiographique.
Au cabinet, un interrogatoire soigneux consignera les
épisodes infectieux connus, et en recherchera les causes possibles
ainsi qu’un terrain favorisant. Il notera par ailleurs les pathologies
générales concomitantes ( ex insuffisance cardiaque, rénale
etc…), les interventions chirurgicales avec mise en place de matériaux
prothétique ( ex valves cardiaques) dont la connaissance modifiera
la prise en charge pré et post opératoire tant du point
de vue chirurgical que médical.
Décrit préalablement (cf. chapitre " Pathologies
de la muqueuse buccale "), il sera plus particulièrement
axée sur la dentition.
De façon générale, le " panoramique
dentaire " et les éventuels clichés plus ciblés
tels que ceux dits " rétro alvéolaires "
(permettant la visualisation d’une ou de plusieurs dents) suffiront
à établir le diagnostic de foyer infectieux dentaires.
> Au terme de cette
consultation, la décision d’extraction est prise de commun
accord et programmée.
L’ACTE CHIRURGICAL :
Il est plus souvent effectué sous Anesthésie
Générale lorsqu’il s’agit d’extractions dentaires multiples.
C’est le terrain pathologique du patient qui en conditionne les modalités
de prise en charge.
Ainsi :
1. Chez le patient INDEMNE de pathologies
prédisposant à la surinfection bactérienne et/ou
de troubles de la coagulation :
L’hospitalisation est de courte durée : 1 à 2 jours
Les antibiotiques sont prescrits à la sortie
Des bains de bouche sont à effectuer pendant environ 7 à
10 jours toutes les heures
Les fils de sutures en bouche se résorbent tout seuls
L’arrêt de travail est sous la dépendance de l’importance
du geste chirurgical et de l’activité du patient.
2. Chez les patients porteurs d’une CARDIOPATHIE
( pathologies des valves ou greffés cardiaques) ou avant intervention
sur le cœur.
Un traitement antibiotique (selon un protocole national) est
obligatoire. Par ailleurs, il est parfois nécessaire de modifier
l’éventuel traitement anticoagulant
Le délai d’hospitalisation et les soins post opératoires
sont identique à ceux des patients indemnes de pathologies
3. Chez les patients porteurs de TROUBLES DE
LA COAGULATION
Regroupant les troubles acquis par un traitement
anticoagulant (héparine, anti vitamine K ou aspirine) et ceux dits
constitutionnels par déficit congénital en facteurs
de coagulation (par exemple l’hémophilie), ils doivent bénéficier
d’une prise en charge particulière.
Les premiers (traitement anticoagulant) doivent
faire l’objet soit d’un arrêt transitoire du traitement lorsque
cela est possible soit bénéficier d’une modification transitoire
du traitement. La durée d’hospitalisation est sensiblement égale
à celle d’un patient indemne de traitement anticoagulant.
Les seconds ( troubles constitutionnels) sont
l’objet d’une consultation spécialisée avant, pendant et
après l’intervention et entrent dans un protocole de prise en charge
particulier.
La conséquence pratique sera une éventuelle
hospitalisation plus LONGUE ainsi qu’un traitement médicamenteux
spécifique administré soit par voie orale soit par voie
intra veineuse (perfusion).
4. Chez les patients
ayant eu des RAYONS au niveau de la FACE et du COU
Rappelons que toute dent potentiellement ou réllement
infectée doit être traitée ou extraite AVANT
la radiothérapie. Il est cependant possible que des soins dentaires,
ou des extractions, soient nécessaire après la radiothérapie.
Si les soins locaux, bien connus des patients porteur
de ce type de terrain, sont nécessaire et ont été
abordés (cf. chapitre " Pathologie tumorale "),
tout geste chirurgical portant sur un os radiothérapé (et
donc peu apte à se défendre contre l’infection) doit être
effectué avec la plus grande circonspection ou, pour le moins,
en s’entourant des plus grande précautions.
La conséquence pratique pour les patients nécessitant
une extraction dentaire sera une hospitalisation plus LONGUE associée
à une couverture antibiotique ciblée et incisive.
A l’occasion de cette hospitalisation les consignes d’hygiène
buccale seront renouvelées et le suivi post opératoire serré.
B.
AVULSIONS DES DENTS DE SAGESSE
Intervention chirurgicale "banalisée",
l’extraction chirurgicale des dents de sagesse reste une opération
comportant des risques potentiels.
Nous détaillerons succinctement les indications
des extractions puis les méthodes chirurgicales permettant
de l’effectuer.
Rarement indiquée avant l’age de 12 ans en raison
de l’absence de minéralisation de la dent la précédant
sur l’arcade (2ème molaire), les dents de sagesse
(3ème molaire) peuvent relever d’une indication d’extraction
dans de nombreux cas dont voici sommairement, et de façon non
exhaustive, les principales :
- Compléter un traitement orthodontique
- Prévenir une éruption pathologique qui perturberait
le bon agencement des autres dents ou qui serait impossible
- Empêcher les accidents infectieux à répétition
qui surviennent lors de l’éruption
Elles est de deux types :
- Soit Anesthésie LOCALE (AL): sur le fauteuil dentaire,
on procède généralement par l’ablation de 2 dents
en 1 séance (généralement celles du même
coté), puis des 2 autres lors d’une autre séance pour
des raisons de pénibilité à subir l’acte chirurgical.
Le retour à domicile est immédiat.
- Soit Anesthésie GENERALE (AG): au bloc opératoire,
l’ablation des 4 dents est effectuée dans le même temps
opératoire. La sortie de l’hôpital a lieu soit le jour
même (chirurgie ambulatoire) et est alors conditionnée
par différents facteurs (proximité du lieu d’habitation
et accompagnement), soit différée au lendemain
de l’intervention.
Elles ne diffèrent en RIEN qu’elle se déroule
sous AL ou AG. Dans les deux cas une incision est pratiquée en
arrière de la 2ème molaire sur 1 à 1,5
cm et un décollement de la gencive est effectué sur la
dent précédant la zone d’extraction.
L’extraction dentaire elle-même est effectuée
généralement après dégagement de l’os au
moteur et éventuelle section de la dent en plusieurs morceaux
afin de la retirer aisément.
La dent étant extraite, une fermeture de la
muqueuse est effectuée avec du fil résorbable.
Elles sont généralement simples avec
parfois quelques saignements peu abondants et une douleur habituellement
maîtrisée par les antalgiques prescrits à la sortie.
Une application de glace est impérative
pour diminuer le phénomène inflammatoire post-opératoire
et la classique " chique de hamster ", l’œdème
se majorant de façon habituelle jusqu’au 3ème
jour post-opératoire pour ensuite diminuer.
L’alimentation doit être froide
pendant les 48 premières heures, en évitant toute alimentation
solide pouvant entraîner des douleurs à la mastication.
Les soins de bouche doivent être débutés
dés le lendemain de l’intervention selon les modalités
prescrites.
L’arrêt de travail est d’environ 3 à 5
jours.
Il n’y a pas d’ablation de fil, ces derniers étant
résorbables.
Un traitement antibiotique est le plus souvent conduit
pendant les 5 à 10 jours suivant l’intervention.
- Le saignement : quelquefois différé de quelques
jours (3 à 4), il peut être stoppé dans un premier
temps par une compression que l’on effectuera en mordant une compresse
au niveau de la zone de saignement pendant environ 5 minutes. Si cela
ne suffit pas une consultation s’impose.
- L’infection : caractérisée par une issue
de pus au niveau de la cavité d’extraction accompagnée
d’une inflammation douloureuse. Elle nécessite de façon
générale une réintervention chirurgicale afin de
réouvrir la muqueuse pour laver la cavité.
- L’atteinte nerveuse : peut concerner :
- Le nerf mandibulaire (cf. chapitre Anatomie) avec diminution de la
sensibilité de la lèvre inférieure du coté
atteint ainsi que des dents de l’arcade correspondante.
- Le nerf lingual (cf. chapitre Anatomie) avec baisse de la sensibilité
tactile de langue du coté atteint.
SACHEZ QUE :
Ces atteintes nerveuses peuvent résulter d’un aléa de l’acte
chirurgical ou être parfois prévisibles. Elles sont
de toute manière signalées au patient par le praticien avant
intervention
Elles demeurent heureusement rares.
Leur étendue peut aller de la simple contusion
nerveuse avec récupération progressive sur quelques
semaines, à la section complète.
C. KYSTES D’ORIGINE DENTAIRE
Les Kystes sont des structures limitées dans
l’espace, généralement de forme arrondie ou ovalaire
et dont la caractéristique principale est de présenter un
contenu de nature différent du tissu qui l’entoure (en l’occurrence
l’os). Nous n’évoquerons dans ce chapitre que ceux d’origine DENTAIRE.
Ces kystes sont, pour simplifier, soit d’origine INFECTIEUSE
soit émanant de la PROLIFERATION de structures anatomiques participant
à la formation de l’organe dentaire.
Les kystes d’origine INFECTIEUSE :
Comme nous l’avons vu précédemment (cf.
La Carie), toute infection de l’organe dentaire peut être à
l’origine d’une infection osseuse généralement localisée
au niveau de la racine des dents.
Cette infection localisée, le plus souvent circonscrite,
est visible sur les radiographies et constitue, nous l’avons vu , le
granulome apical. Il s’agit d’un kyste de petite taille puisque par
définition et convention il mesure moins de 5 mm. Au delà
de cette limite on parle de kyste apical. Tout deux constituent
des foyers infectieux latents.
Ne différant que par la taille, ils doivent faire
l’objet d’un traitement initial concernant la dent elle-même (et
effectué par votre dentiste) associé à une éradication
de ce foyer infectieux osseux latent.
En l’absence de ce traitement l’évolution
peut ce faire vers :
1. La reprise d’une infection localisée ou à distance
2. La progression de la destruction osseuse par le kyste.
>
Granulome apical > Kyste radiculo-dentaire
L’intervention chirurgicale se résume
à ( très schématique) :
- Une incision de la muqueuse buccale
- Une mise à nue du kyste et de la racine dentaire en cause.
- L’ablation du kyste et son envoi au laboratoire pour analyse microscopique
- La section et l’ablation de la racine en cause.
NOTA : Le temps
d’intervention ainsi que la durée de l’arrêt de travail sont
variables et découlent directement de l’importance du ou des kystes.
Les kystes d’origine NON INFECTIEUSE :
Contrairement au groupe précédemment décrit,
les kystes dentaires d’origine non infectieuse trouvent leur origine dans
la prolifération anormale d’un tissu généralement
constitutif de l’organe dentaire.
Leur origine étant aussi variée que le
cément (organe de fabrication de l’émail), la lame dentaire
etc.. , leur variétés n’est affaire que de spécialiste.
Leur découverte, le plus souvent fortuite,
au décours par exemple d’une radiographie pour une autre pathologie,
montre qu’il sont souvent asymptomatiques . Il arrive cependant
qu’un épisode de surinfection ou d’atteinte nerveuse (nerf mandibulaire
par exemple) voire de fracture osseuse en soit le révélateur.
Quoi qu’il en soit, et pour résumer, la grande
majorité de ces kystes sont d’origine bénigne mais
nécessitent une surveillance rapprochée par votre chirurgien
dentiste ou votre stomatologue afin de poser l’indication d’une intervention
chirurgicale.
Car, en définitive, c’est l’examen au microscope
qui donnera le diagnostic de certitude.
Kyste
dentaire d’origine non infectieuse
TRAUMATISME ET URGENCE DENTAIRE

Les dents sont particulièrement vulnérables lors des traumatismes
de la face car elles ne bénéficient d’aucun "pare choc"
naturel.
La gravité de ce traumatisme ainsi que le niveau d’urgence de
sa prise en charge varie selon l’état de la dent elle-même,
mais aussi selon l’état de délabrement des éléments
soutien de cette dernière, à savoir l’os alvéolaire
et le ligament alvéolo-dentaire.
Tout traumatisme dentaire impose un diagnostic précis de la gravité
de la lésion dont dépendra le traitement et le pronostic
de survie de la dent à long terme.
Par ordre de fréquence sont atteintes très majoritairement
les incisives et des canines (notamment supérieures)
et dans une moindre mesure les molaires et prémolaires. La raison
en est purement topographique, les traumatismes survenant le plus souvent
de face.
Le pic de fréquence se situe entre 5 et 11 ans.
SACHEZ QUE : Tout traumatisme dentaire (de la simple contusion
à l’avulsion complète), même pris en charge dans les
meilleur délais, peut entraîner une mortification totale
de la dent allant jusqu’à sa perte définitive
A. Les principales atteintes
- La contusion dentaire : Il s’agit du traumatisme le moins
violent qui entraîne un simple ébranlement de la dent sans
fracture (tant au niveau de la dent que de ses organes de soutien).
- La fracture : Elle peut siéger soit au niveau de
la couronne (partie visible de la dent), soit au niveau de son apex
(racine) voire les deux. Il existe par ailleurs une éventuelle
mise à nue de la pulpe dentaire (organe amenant la vascularisation
et l’innervation de la dent) et/ou une fracture de l’os alvéolaire
(os entourant et soutenant la dent).
- La luxation partielle : Il s’agit d’un déplacement
de la dent dans son alvéole que l’on peut faire bouger facilement.
Elle n’est cependant pas sortie de sa cavité osseuse. Cette luxation
partielle peut s’accomplir dans les trois plans de l’espace c'est-à-dire
en avant, en arrière, en haut (on parle alors d’ingression) ou
en bas ( on parle alors d’égression).Cette luxation peut etre
associée à des fractures osseuses et de mises à
nue de la pulpe.
- La luxation complète : Stade ultime de la luxation
partielle, la dent est alors totalement sortie de son alvéole
et, si elle est retrouvée, doit être conservée dans
des conditions précises et réimplantée selon les
modalités que nous allons développer plus loin.
SACHEZ QUE :
La prise en charge que nous développons ne concerne que les dents
DEFINITIVES.
Les "dents de lait " font l’objet d’un traitement particulier
abordé en fin de chapitre.
B. PRISE EN CHARGE des traumatismes dentaires
Qu’il soit isolé ou dans le cadre des traumatismes
faciaux, le traumatisme dentaire est responsable, pour des raisons aisément
compréhensibles, d’une angoisse quant au devenir esthétique
du sourire mais aussi en raison des conséquences financières
d’une éventuelle future prothèse dentaire nécessaire.
- L’examen clinique :
Il est le plus souvent effectué aux service des
urgences. Il est consigné par écrit, pouvant donner lieu
à un certificat médical.
Le médecin recherche une fracture dentaire et/ou
osseuse, une mise à nue de la pulpe ( petit point rouge visible
dans la dent), une mobilité dentaire, et procède à
des test de vitalité sur la dent.
L’examen est complété par un examen radiologique
standard (généralement un panoramique dentaire) voire des
clichés rétro alvéolaires.
Au terme de cet examen clinique et radiologique un DIAGNOSTIC
est posé et la prise en charge effectuée.
LA CONTUSION :
La dent est douloureuse mais ne présente aucune
fracture ni mobilité. Toutefois l’émail peut être
fissuré.
Il peut exister une sidération de la sensibilité
de la dent (tests de vitalité négatifs) due à un
gonflement de la pulpe suite au traumatisme. La dent devient donc insensible.
Il n’existe dans ce cas précis aucune intervention
chirurgicale à envisager, et seul un traitement médical
et des consignes d’alimentation (alimentation molle pendant
1 mois) pourront au mieux lutter contre cette inflammation.
La récupération de cette sensibilité
sera sous la dépendance de cette même pulpe à lutter
contre ce phénomène, le risque ultime étant la mortification
dentaire (bien que rare).
Le suivi clinique est généralement du ressort
du chirurgien dentiste qui s’assurera de la récupération
de la vitalité de la dent, et procédera au traitement canalaire
(dévitalisation) en cas mortification pulpaire.
LES FRACTURES :
- La fracture de la couronne :
2 cas peuvent se présenter :
1- Fracture sans mise à nue de la
pulpe : en l’absence de mobilité, le traitement est
celui de la contusion dentaire avec une surveillance identique.
La restauration prothétique est du domaine du
chirurgien dentiste.
2- Fracture avec mise à nue de la
pulpe : le risque immédiat est celui de la colonisation
de cette dent par les germes buccaux et les conséquences décrites
dans le chapitre "infection d’origine dentaire".
Le traitement comporte donc une mise sous antibiotique
et le traitement du canal dentaire, le plus tôt possible, par
votre chirurgien dentiste afin de protéger la pulpe de l’environnement
septique de la bouche.
Le chirurgien dentiste qui effectue le traitement canalaire
envisage également le remplacement prothétique de la couronne.
- La fracture de la couronne et/ou de la racine :
La survie dentaire est ici plus complexe et nécessite
une prise charge rapide avec la plupart du temps une contention externe
(dispositif permettant de maintenir la dent et décrit dans le
chapitre "luxations".
L’extraction est cependant parfois nécessaire
si la capacité de cicatrisation de la dent est insuffisante ou
si la hauteur de racine restante est insuffisante pour pouvoir envisager
une reconstruction prothétique (couronne sur pivot).
- La fracture associée de l’os alvéolaire :
Dans ce cas précis le maintien osseux de la
dent est atteint. Une contention externe est alors nécessaire
afin de permettre une cicatrisation de l’os en bonne position.
Les modalités de l’intervention sont décrites
dans les chapitres "luxation partielle" "luxation complète".
LA LUXATION PARTIELLE :
La dent luxée partiellement apparaît en
position anormale sur l’arcade dentaire avec, à son pourtour, une
gencive saignante et boursouflée. Le traitement varie selon l’orientation
de luxation.
Ainsi : les luxations antérieures
(vers la lèvre) ou postérieures (vers le palais ou
la langue) ainsi que les dents sorties de façon partielle de leur
alvéole (égression) nécessitent :
- Un repositionnement associé à une contention externe
(cf. chapitre luxation complète) pendant une durée d’environ
6 semaines.
Une alimentation molle ou liquide pendant la durée
du blocage.
Des bains de bouche réguliers effectués
selon la prescription.
SACHEZ QUE :
En cas de luxation dentaire en ingression, c'est-à-dire enfoncée
dans son alvéole, l’abstention thérapeutique peut
être une alternative au repositionnement chirurgical (la dent pouvant
reprendre sa place normale au bout de quelques semaines)
Dans le cas des enfants présentant une ingression
(impaction) des dents de lait,l’extraction de cette dernière peut
être rendue nécessaire en raison du traumatisme qu’elle engendre
sur le germe de la dent définitive sous jacente (cf. " le
cas particulier de l’enfant " dans ce même chapitre)
Dans tous les cas, le suivi devra être régulier
pendant les 3 premiers mois afin de déceler une éventuelle
mortification de la dent et procéder au traitement de son canal.
LA LUXATION COMPLETE :
La dent qui est alors complètement sortie de son
alvéole. Il s’agit, contrairement aux autres traumatismes dentaires
préalablement décrits d’une URGENCE chirurgicale si l’on
veut espérer conserver la dent.
En effet l’organe de maintien de la dent, le ligament
alvéolo-dentaire (véritable ancrage de la dent au niveau
de l’os), est totalement mis à nu lors de l’expulsion et dépourvu
de nutrition .
De la survie des cellules du ligament dépendra
les chances de réussite de la réimplantation
En pratique que faire ?
1. Rechercher et retrouver la dent
2. Maintenir la dent dans un milieu propice à
sa survie :
Il faut au mieux REIMPLANTER DIRECTEMENT
la dent dans son alvéole, en la tenant par la couronne, après
nettoyage à l’eau claire et sans frotter la racine.
L’acte est non douloureux et permet d’attendre l’avis
du spécialiste.
Si cela est impossible (fracture de l’os associée,
corps étranger dans la cavité d’avulsion..), il faudra alors
conserver la dent dans un milieu propre à la survie des cellules
du ligament alvéolaire. Ceci est au mieux réalisé
dans du LAIT ou à défaut dans du sérum physiologique.
Ne pas mettre la dent dans de
la glace
3. Consulter en urgence :
Après le conditionnement de la dent luxée,
c’est le deuxième réflexe car la RAPIDITE avec laquelle
la dent sera réimplantée garantira les meilleures chances
de survie.
Cette réimplantation et la contention
de la dent luxée (soit totalement soit partiellement) sont effectuées :
- soit sous Anesthésie Locale : elle nécessite
alors l’entière coopération du patient et l’absence de
traumatisme important de l’os alvéolaire.
Soit sous Anesthésie Générale :
pour tous les autres cas, et de façon générale
chez les enfants
Quels sont les moyens de contention ?
Au CHRU de Tours, il s’agit d’une contention réalisée
par la pose d’un arc métallique maintenu aux dents saines
par des ligatures au fil d’acier (cela suppose qu’il reste des dents saines !)
La ou les dents luxées sont alors remises en place
puis maintenues par des fils d’acier reliés à l’arc
métallique.
L’alternative à la pose de cet arc est un système
de contention collé sur les dents adjacentes à la
dent luxée ( comme pour les appareils orthodontiques). Son usage
est, à ce jour, réservé aux enfants.
Arc
et fil métallique
Dent
maintenue par un système collé à gauche et par un
arc métallique à droite
En pratique :
- L’intervention se déroule en 30 minutes environ pour
1 dent luxée.
- L’hospitalisation est réduite à 24-48 heures.
- Consignes post-opératoires : bains de bouche et alimentation
molle pendant 45 jours.
- Le suivi clinique en consultation est effectué à J+21
et J+45 jours du traumatisme.
- L’ablation des arcs est effectué à la consultation après
environ 45 jours de contention.
LE CAS PARTICULIER DE L’ENFANT

La traumatologie dentaire de l’enfant est spécifique
de part la présence de la denture lactéale (dents
de lait) ainsi que des germes des dents définitives qui
imposent un traitement spécifique.
Schématiquement, quels sont les points essentiels
qui différencient l’enfant de l’adulte dans la prise en charge ?
- Une dent de lait est très rarement réimplantée.
Son repositionnement expose le germe de la dent définitive sous
jacente à un risque septique et ,de fait, ce risque n’est
que très rarement couru en dehors de cas très spécifiques.
- La perte prématurée, ou la luxation, d’une dent
de lait peuvent avoir des conséquences sur l’éruption
et l’intégrité de la dent définitive sous
jacente. C’est pourquoi un SUIVI REGULIER par chirurgien dentiste est
donc hautement recommandé afin de vérifier l’éruption
à terme et la vitalité de la dent définitive.
- La réimplantation, ou la contention (pour luxation partielle)
d’une dent définitive devrait faire l’objet, dans la mesure
du possible, d’une contention par arc collé et non par
arc rigide pour des raisons de confort mais aussi d’atteinte gingivale.
A ce jour, ce matériel est disponible à l’hôpital
des enfants (Clocheville).
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