Chirurgie plastique : F.A.Q. sur la reconstruction mammaire

Cette page d'information vous permettra de répondre aux questions les plus courantes vis à vis de la reconstruction mammaire.
Bien entendu, pour avoir des réponses plus personnalisées, vous devrez les poser à votre chirurgien plasticien lors de la consultation.

Les différentes techniques de reconstruction mammaire sont détaillées dans le chapitre " Activité ".

A qui s'adresse la reconstruction mammaire ?

Toutes les femmes confrontées à l'ablation d'un sein peuvent bénéficier d'une reconstruction mammaire dès lors que leur état de santé leur permet de subir de nouvelles interventions chirurgicales.

A quel moment pourrais-je avoir une reconstruction mammaire ?

Le moment le plus favorable pour réaliser la reconstruction du sein dépend des traitements complémentaires associés à l'ablation du sein et dépend donc du type de cancer du sein traité.
Dans certains cas, on pourra envisager une reconstruction mammaire dite "immédiate".
La première étape chirurgicale de la reconstruction se fait alors en même temps que l'ablation du sein. Dans d'autres cas, on devra envisager une reconstruction mammaire dite "différée" ou "secondaire". Cela signifie qu'il faudra attendre un certain temps après la fin du traitement anticancéreux avant de pouvoir commencer la reconstruction du sein. Le délai nécessaire entre la fin des traitements et le début de la reconstruction mammaire dépend notamment de la qualité de la peau après traitement.
Ce délai peut être précisé par le chirurgien qui pratiquera la reconstruction mammaire.

Comment me préparer au mieux à la reconstruction de mon sein ?

Le tabagisme est néfaste car il est susceptible d'interférer avec les processus de cicatrisation. Il augmente les risques de complications post-opératoires, multipliant par exemple par deux le risque de nécroses cutanées.
Il est donc recommandé de s'arrêter de fumer 2 mois avant et 2 mois après la reconstruction mammaire pour prévenir les risques de retard de cicatrisation et les risques infectieux associés. Le tabagisme peut aussi constituer une contre-indication à certaines techniques chirurgicales.
Il faut dans tous les cas le signaler au chirurgien pour qu'il puisse le prendre en compte dans ses choix techniques.
Par ailleurs, une préparation de la peau peut être envisagée. Elle consiste à rendre la peau la plus souple et élastique possible pour faciliter son étirement au cours de l'opération. Le massage avec une émulsion hydratante est conseillé ainsi que le recours à des techniques de massages réalisées par un kinésithérapeute.
Le muscle grand pectoral, qui recouvre le haut de la poitrine, peut aussi être préparé aux étirements qu'il risque de subir lors de la reconstruction mammaire. Il convient de faire des exercices gymniques et des étirements, si nécessaire avec les conseils d'un kinésithérapeute.

Quelles sont les méthodes possibles ?

Le processus de reconstruction mammaire s'étale en général sur plusieurs mois et nécessite plusieurs interventions successives.
Le plus souvent, la première intervention permet de recréer la forme et le volume général du sein reconstruit. Il faudra plusieurs semaines pour que l'aspect de ce sein se stabilise et que l'on puisse alors envisager une seconde intervention pour réaliser si nécessaire des retouches sur le sein reconstruit et/ou sur l'autre sein afin d'obtenir une symétrie harmonieuse.
On pourra envisager la reconstruction de l'aréole et du mamelon lors de cette deuxième intervention ou ultérieurement selon les cas.
Il existe plusieurs méthodes pour reconstruire un sein.
Les plus couramment proposées font appel à la mise en place d'une prothèse derrière le muscle pectoral ou à l'utilisation de la peau du ventre (DIEP), ou à l'utilisation d'un muscle du dos (grand dorsal).
Ces différentes solutions reposent sur des techniques chirurgicales différentes. Leurs conditions de réalisation, leurs avantages et leurs inconvénients diffèrent. C'est le type de traitement reçu ou envisagé, l'état de la peau, la morphologie de chaque femme, et autant que possible le désir de chacune, qui seront pris en compte par le chirurgien pour choisir la technique la mieux adaptée à chaque cas.

La Chirurgie reconstructrice est-elle douloureuse ?

Toute chirurgie est source de douleurs dans les jours ou les semaines qui suivent l'intervention.
La douleur post-opératoire est un phénomène habituel et bien connu qui se traite facilement par des traitements adaptés à chaque cas. Il ne faut pas hésiter à solliciter l'équipe soignante si la douleur n'est pas correctement calmée car il existe toujours des solutions efficaces à proposer.

Retrouverais-je une sensibilité du sein après la reconstruction mammaire ?

La sensibilité au niveau de ce "nouveau sein" reconstruit est toujours "différente" pour soi et pour le partenaire.
L'aréole et le mamelon reconstruits n'ont jamais de sensibilité érogène.
La gêne occasionnée par ces changements s'atténue le plus souvent avec le temps.

Que peuvent m'apporter les soins de kinésithérapie ?

Les objectifs du kinésithérapeute sont les suivants :
- Récupérer la bonne mobilité de l'épaule, ainsi qu'une bonne souplesse du dos.
- Renforcer les muscles du dos pour prévenir l'apparition de douleurs.
- Aider la résorption des œdèmes et des hématomes par la réalisation de manœuvres de drainage lymphatique manuel.
- Optimiser les résultats esthétiques par la réalisation de manœuvres de massage sur les zones indurées afin d'améliorer la souplesse du sein reconstruit et des cicatrices.
Il est toutefois recommander de masser régulièrement le sein reconstruit avec une émulsion hydratante afin de l'aider à retrouver puis préserver sa souplesse.

La reconstruction mammaire a t-elle un impact sur le risque de récidive ?

Non, il n'y a pas d'augmentation du risque de récidive d'un cancer chez une femme ayant eu une reconstruction mammaire. La reconstruction ne nuit aucunement à la surveillance et au dépistage. Toutes les techniques chirurgicales proposées sont compatibles avec les examens radiologiques modernes.

De quelle surveillance aurais-je besoin après ?

En post-opératoire, la surveillance concerne essentiellement l'évolution de la cicatrisation.
La surveillance carcinologique se déroule exactement dans les mêmes conditions qu'avant la reconstruction mammaire et est effectuée par votre Gynécologue.

Pourrais-je reprendre une activité professionnelle après la reconstruction mammaire ?

Oui, et la reprise d'une activité professionnelle est une étape importante.
Il faut simplement prendre en compte la prévention du lymphoedème (gros bras),si des ganglions ont été enlevés au niveau de l'aisselle.

Pourrais-je reprendre des activités sportives après la reconstruction mammaire ?

Après l'intervention la zone opérée peut être sensible, tendue, gonflée, voire douloureuse.
Il est recommandé de reprendre progressivement des activités sportives de "manière douce". Certaines activités peuvent d'ailleurs faciliter la mobilisation active et donc la récupération d'une meilleure mobilité de l'épaule et du bras, celles-ci vous seront conseillées par votre kinésithérapeute.

Qu'arrive t-il si je maigris ou grossis après la reconstruction mammaire ?

En cas de reconstruction sans utilisation de prothèse, les variations de poids peuvent faire varier le volume du sein reconstruit, mais parfois dans des proportions différentes du sein naturel.
En cas de reconstruction utilisant une prothèse, les variations de poids induisent un déséquilibre et une asymétrie plus importants.
En cas de reconstruction par lambeau de D.I.E.P., les variations de poids induisent peu de différence entre le sein reconstruit et le sein naturel.