Les doigts surnuméraires

Une main « normale » est constituée de 5 rayons : le pouce et les 4 doigts longs. Un certain nombre d’enfants (5/1000) naissent avec 6 doigts voire plus. Le diagnostic est parfois fait en prénatal au moyen de l’échographie mais c’est encore souvent une découverte le jour de la naissance.

Un grand nombre de ces doigts « en trop » sont ce que l’on appelle des doigts « flottants ». En effet, il s’agit d’une main tout à fait normalement constituée par ailleurs mais qui présente, appendu sur le bord de la main, un 6e doigt non mobile, accroché par un petit pédicule. Ce 6e doigt est en général fixé à la base du 5e. Cette pathologie est tout à fait bénigne et souvent familiale. Le problème principal est la crainte pour les parents d’accrocher ce « petit doigt en trop », en particulier lors de l’habillage de leur enfant. 

Le traitement est simple et consiste à retirer le doigt surnuméraire.  Mais cela nécessite d’aller repérer, à sa base, le nerf et les vaisseaux qui lui sont destinés pour les enfouir. Dans le passé il était simplement mis un nœud à l’aide d’un fil à la base du doigt surnuméraire mais cela laissait subsister, à la base du 5e doigt, une partie du pédicule vasculaire et surtout du nerf ce qui pouvait donner une cicatrice sensible. Par conséquent il est préférable de les retirer chirurgicalement dès que l’âge de l’enfant rend le risque anesthésique négligeable.

On trouve par ailleurs de véritables doigts surnuméraires. Il peut alors s’agir soit de duplications, c'est-à-dire de dédoublements d’un doigt normal, soit d’anomalies de formation.

Les duplications touchent le plus souvent le pouce. La duplication peut se faire à la partie proximale du doigt (ce qui engendre 2 pouces entiers) ou plus distale (pouce bifide).

Le pouce dupliqué est souvent plus petit que le pouce contro latéral. Les 2 parties du doigt dupliqué sont parfois très asymétriques avec la présence fréquente d’un doigt dominant. Ces duplications s’accompagnent souvent d’anomalies ligamentaires, tendineuses et osseuses. Le doigt dominant est conservé et le doigt mineur retiré. On profite de cette intervention pour traiter les lésions associées tendineuses et ligamentaires.

C’est donc un traitement chirurgical que l’on réalise plutôt après l’âge de 1 an afin de ne pas compliquer le geste. Il est fréquent qu’il y ait à faire des « retouches » chirurgicales lorsque l’enfant est plus grand. On procède de même pour les duplications des doigts longs qui sont beaucoup plus rares.

Enfin, les autres anomalies de formations constituent un ensemble très hétérogène qui associe souvent un nombre trop important de doigts à l’absence de pouce ou au caractère non fonctionnel de certains doigts (main en miroir, poly syndactylies, …). Le traitement se fait alors à la carte est doit être réalisé en plusieurs étapes. La main une fois opérée garde souvent des anomalies mais les progrès de la chirurgie et surtout les facultés d’adaptation de l’enfant permettent d’obtenir une fonction toujours étonnante.




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