Les aides pour parvenir à l'arrêt

Quelle stratégie pour commencer ?

Le sevrage tabagique peut se concevoir de 2 façons selon le choix du patient: la 1 ère est l’arrêt «brutal » et total de la consommation à une date donnée, choisie par le fumeur ; la 2nde est la réduction progressive de la consommation jusqu’à l’arrêt total. Dans cet objectif de réduction, plusieurs stratégies peuvent être mises en place : consulter les 10 propositions d’aide à la réduction de la consommation de tabac.

Les aides pharmacologiques :

Une fois que la stratégie à adopter a été définie, il faut la mettre en œuvre !
Mais, même avec une motivation sans faille, il est souvent nécessaire d’associer au suivi, une aide pharmacologique.

En effet, s’il est difficile d’arrêter de fumer, c’est en particulier parce que la nicotine, une des 4000 substances contenues dans la cigarette, est responsable d’une dépendance physique (dont l’importance est individuelle et évaluée par le test de Fagerström): on dit que la nicotine est une substance addictogène.

Comment ça marche ?

La nicotine, inhalée via la fumée de tabac, circule dans l’appareil broncho-pulmonaire, et est transportée dans le sang. En 7 secondes, elle atteint des récepteurs spécifiques au niveau du cerveau, et les active, provoquant la sensation de plaisir, éprouvée notamment lors de la 1 ère cigarette de la journée.
Puis, petit à petit, le taux de nicotine diminue dans le sang… Arrive alors la sensation de manque (avec irritabilité, nervosité, agitation, anxiété, trouble du sommeil, trouble de la concentration,…) Ceci contraint le fumeur à reprendre une cigarette, cette fois non par plaisir, mais pour lutter contre le manque. Le tabac, via la nicotine qu’il contient, est donc par définition, une drogue !

Lors d’un arrêt du tabac, les récepteurs ne reçoivent plus de nicotine, et de même que précédemment, les symptômes de manque apparaissent.

Alors que faire ?

Pour empêcher ce phénomène, et pour que le sevrage se passe dans les meilleures conditions, les traitements de substitution nicotinique (TSN) ont toute leur place !
En effet, les patchs nicotiniques  libèrent de la nicotine, mais de façon très lente par rapport à ce qui est observé avec une cigarette, de sorte que les récepteurs soient "saturés" (pas de symptômes de manque) sans être activés (pas de mise en marche du système de dépendance). Ils réduisent donc, au fur et à mesure, la dépendance physique sans symptômes de manque.

D'autre part, les formes orales de nicotine aident au contrôle des pulsions en renfort ou non des timbres.

Il est à noter aussi que ces TSN, via la nicotine qu’ils contiennent, limitent l’éventuelle prise de poids pouvant intervenir lors de l’arrêt.

Les dosages de ces TSN doivent être adaptés pour chaque patient ; ils sont notamment déterminés par le résultat au test de Fagerström, évaluant la dépendance physique, ainsi que par la mesure du monoxyde de carbone (CO) dans l’air expiré, grâce à un analyseur que possède le tabacologue.

Le CO est un gaz présent dans la fumée de tabac, gaz toxique pour l’organisme. En effet, il a beaucoup plus d’affinité pour les globules rouges que l’oxygène, de sorte qu’il va diminuer le niveau d’oxygénation du corps.

Le choix du dosage des TSN est important : l’objectif principal est d’éviter le sous-dosage (le manque serait alors insuffisamment compensé). C’est le rôle du tabacologue d’équilibrer le traitement.
On peut noter que le surdosage est exceptionnel.

Les autres moyens pharmacologiques.

Champix® et Zyban® sont deux médicaments indiqués dans le sevrage tabagique. Ils ne sont pas remboursés par la sécurité sociale

  • Le Champix® contient de la varénicline, une molécule qui se fixe sur les mêmes récepteurs que la nicotine mais avec une plus grande affinité, tout en les activant beaucoup moins. De cette manière, elle réduit le besoin de fumer lors de l’arrêt et soulage les effets du sevrage provoqués par l’absence de nicotine, sans activer le système de dépendance ; elle inhibe aussi l’effet de la nicotine en cas de « faux-pas » lors de la tentative d’arrêt.
    Il existe des précautions d’emploi pour ce médicament, bien connus des tabacolgues.
  • Le Zyban® contient du chlorhydrate de bupropion. Son mécanisme d’action dans le sevrage tabagique est encore peu connu. Il faut savoir que l’utilisation de ce médicament est de moins en moins fréquente aujourd’hui.

Les aides au sevrage non pharmacologiques

Le sevrage au tabac peut se concevoir à travers d’autres approches, comme par exemple l’acupuncture, l’hypnose, le laser, l’aromathérapie, la mésothérapie, l’auriculothérapie, la cigarette électronique ou la cigarette sans tabac. Ces différentes méthodes n’ont pas été approuvées par l’ANSM ( l' Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé), qui émet des réserves sur leur efficacité dans le domaine du sevrage tabagique.

 

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