La chirurgie de la main

La chirurgie de la main n’est devenue une spécialité à part entière que dans le dernier tiers du XXe siècle. Les raisons en sont multiples. Il est évident que la chirurgie fonctionnelle n’a pu réellement se développer qu’après la chirurgie “ vitale ”. De plus, la chirurgie de l’appareil moteur s’est avant tout intéressée aux membres inférieurs, à la fonction de locomotion. C’est logique, quoi de plus important que l’autonomie ? Ce retard est aussi expliqué par la complexité de la main et les résultats longtemps aléatoires de la chirurgie de cet organe. Cependant, les progrès techniques et l’évolution des mentalités ont permis le développement de cette spécialité après la 2e guerre mondiale. Elle a connu son plein essort et sa réelle individualisation après l’avènement de la microchirurgie, dans les années 70. Elle est officiellement présente à Tours depuis 1979, date de création du SOS Mains intitulé « Assistance Main du Centre Ouest » (AMCO) et rattaché aux services d’Orthopédie du CHRU.

En effet, la main vaut la peine qu’on s’intéresse à elle ! Quoi de plus fascinant que cet organe qui symbolise l’Homo sapiens ?  Le passage à la bipédie a véritablement “ libéré ” la main et a favorisé le développement d’actes volontaires. A la fois instrument d’information et d’exécution, elle est le lien privilégié entre l’esprit et la matière. La main fait de l’homme un extraordinaire système en interaction physique avec le milieu extérieur. En tant qu’organe d’exécution, la main permet d’agir sur l’environnement et ses possibilités fonctionnelles sont quasi-illimitées. C’est aussi une fantastique source d’informations et de sensations.

Toutes ces considérations pourraient paraitre artificielles si elles ne permettaient de comprendre que la main est un organe particulièrement exposé :

  • en tant que principal moyen d’action sur l’environnement, elle est exposée aux traumatismes. La main-outil est largement concernée dans les accidents de travail et les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur,
  • en tant qu’organe sensoriel qui explore et renseigne, elle est exposée aux sensations et en particulier à la douleur,
  • enfin, en tant qu’organe relationnel, elle est exposée à l’autre (séquelles esthétiques) mais aussi à soi et certains troubles, ou leur pérennisation, peuvent trouver un sens dans l’histoire du patient.

De plus, de nombreuses structures nobles “ cohabitent ” dans un faible volume, chacune peut être la cible de multiples affections qu’il faudra savoir diagnostiquer et traiter, sans oublier les versants esthétique et surtout fonctionnel de la main. Enfin, des pathologies touchant le membre supérieur ou le système nerveux peuvent aussi retentir sur la main.

On l’aura compris, la pathologie de la main constitue un univers riche et complexe. Ainsi, loin de se limiter aux traumatismes, la chirurgie de la main, recouvre de nombreux domaines, allant des maladies ostéo-articulaires aux affections neurologiques.

La chirurgie de la main est avant tout une chirurgie dite « fonctionnelle » : son objectif prioritaire, tant dans les rhumatismes inflammatoires que dans les paralysies ou les séquelles traumatiques, est de restituer une fonction optimale de préhension.




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