Chirurgie du ptosis

I. Indications de l’intervention

Le ptosis est défini comme une chute de la paupière supérieure par impotence plus ou moins importante du muscle releveur de la paupière supérieure. Plusieurs mécanismes peuvent être mis en cause : atteinte neurogène (d'origine nerveuse), myogène (due au muscle défectueux), aponévrotique (lié à l'âge le plus souvent) ou mécanique (après un traumatisme par exemple).

Les ptosis congénitaux (présents à la naissance) représentent 75% de la totalité des ptosis.

Le but du traitement chirurgical est à la fois esthétique et fonctionnel (permettre une bonne vision) en soulevant la paupière qui ampute le champ visuel supérieur.

II. Intervention

1.    Avant l’intervention

En cas d’anesthésie générale, une consultation avec un médecin anesthésiste est obligatoire.

Ne pas prendre d’aspirine dans les 10 jours précédents l’intervention.

2.    Technique opératoire

Durée opératoire : environ 1heure

Sous anesthésie locale, seule la paupière est anesthésiée, ou sous anesthésie générale, l’enfant est totalement endormi.

On distingue essentiellement deux types d'interventions :

  • la chirurgie du muscle releveur de la paupière supérieure,
  • la suspension de la paupière au muscle frontal si le muscle releveur de la paupière ne fonctionne pas du tout.

Chez l'enfant, le ptosis est opéré à partir de l'âge de quatre ans (en dehors des rares cas de ptosis majeurs menaçant le développement de la vision qui sont opérés plus tôt).

Le plus souvent une résection du muscle releveur est réalisée.

La suspension au muscle frontal est réalisée à l'aide d'une bandelette prélevée sur l’aponévrose du muscle de la cuisse (membrane enveloppant le muscle) ou du muscle temporal. Les cicatrices sont alors situées dans le pli de la paupière, au niveau du front (3 petites incisions de quelques millimètres) et éventuellement au niveau de la zone de prélèvement (cuisse ou cuir chevelu).

3.    Suites post-opératoires et convalescence

Durée d’hospitalisation : sortie le soir même ou le lendemain

Les fils sont retirés en consultation une semaine après.

Une éventuelle reprise chirurgicale précoce ou à distance selon le type de ptosis ou en raison d'une insuffisance de résultats est possible dans 10 à 15 % des cas.

Les suites immédiates sont généralement simples, marquées par un œdème et un possible hématome spontanément résolutifs. Une difficulté transoire à fermer les yeux est possible.

La pommade ophtalmique à la vitamine A est systématiquement prescrite les premiers jours pour protéger l’œil.

Il faut compter une dizaine de jours avant la reprise de la vie sociale ou scolaire.

Les résultats définitifs doivent être jugés à 6 mois de l'intervention.

III. Complications

Chémosis : oedème de la conjonctive (membrane tapissant la face avant de l’œil et l'intérieur des paupières)

Kératites : inflammation de la cornée

Ulcère de cornée en cas de protection insuffisante lors de l’intervention

Hypocorrection donnant un résultat insuffisant, une reprise chirurgicale sera prévue

Hypercorrection entrainant une lagophtalmie : paupière trop petite avec une malocclusion des yeux

Entropion : enroulement vers l’intérieur de la paupière

Ectropion : éversion de la paupière

Infection du site de prélèvement : Elle est prévenue par une aseptie rigoureuse per-opératoire

Problèmes de cicatrisation

Problèmes particuliers liés à la suspension frontale

Troubles oculomoteurs

 

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